Le soutien à la nanoélectronique

Gettyimages - Krystian Nawrocki
Au cœur de l’industrie électronique, le secteur de la micro-nanoélectronique rassemble tous les acteurs concevant et produisant les composants électroniques élémentaires à l’échelle micro et nano métrique.


Présentation de l’industrie micro-nanoélectronique

La micro-nanoélectronique : un secteur clé de l'industrie électronique

Au cœur de l’industrie électronique, le secteur de la micro-nanoélectronique rassemble tous les acteurs concevant et produisant les composants électroniques élémentaires à l’échelle micro et nano métrique. Ces composants ensuite agencés entre eux sur un substrat de silicium (un semi-conducteur) forment un circuit intégré, plus communément appelé puce, qui est au cœur du fonctionnement de tous les appareils électroniques que nous utilisons quotidiennement : smartphone, voiture ou ordinateur…

Utilisant des procédés de gravure hautement technologiques comme la photolithographie, l’industrie microélectronique représente en France 4 milliards d’euros de chiffre d’affaire et emploie directement près de 20 000 personnes. Nourrie en amont par les travaux de recherche et développement de laboratoires de classe mondiale comme le CEA, elle est tirée en aval par de très nombreuses filières applicatives : automobile, communication, aéronautique, défense…

L’électronique : industrie stratégique qui s’organise en filière

La micro-nanoélectronique représente un des nombreux secteurs de l’électronique, industrie plus globale qui intègre également les activités de connectique et d’assemblage. L’industrie micro-nanoélectronique figure donc parmi les technologies clés génériques et représente un secteur particulièrement stratégique à double titre : située très en amont de la chaîne de valeur, elle représente d’abord un vecteur d’innovation sans pareil permettant à toutes les autres filières industrielles avales françaises de rester compétitives. D’autre part, en développant des technologies proprement françaises et européennes, elle limite pour la production nationale, la nécessité d’avoir recours à des technologies étrangères, assurant ainsi une autonomie dans les domaines de souveraineté et une importante indépendance économique.

Reconnue secteur stratégique par le CNI (Conseil National de l’Industrie), l’industrie électronique française se constitue en filière en 2018 en créant le CSF électronique (Comité Stratégique de Filière). Avec la vocation de soutenir et développer ce tissu industriel d’avenir, le CSF a présenté les objectifs français en matière d’électronique lors de la signature du Contrat de filière par Bruno Lemaire, le 15 mars 2019 :

  • maintenir l’excellence française dans les technologies clés du numérique en amplifiant l’effort de R&D&I,
  • adapter les compétences et la formation en anticipant les évolutions des besoins
  • promouvoir une fabrication électronique made in France compétitive partout sur le territoire
  • positionner la filière en tant qu’acteur clé de la transformation numérique

Entité structurante pour toute la filière électronique, le CSF établit une feuille de route technologique partagée et mène un projet national sur l’architecture numérique des systèmes cyber physiques.


Les industries de l’électronique pâtissent aujourd’hui, à tort, d’une image peu visible. Pour autant ces industries, à la pointe des technologies et des processus de production, constituent le socle industriel indispensable pour l’ensemble des secteurs applicatifs, au premier rang desquels figurent l’automobile, l’aéronautique, le spatial et les objets connectés.

La filière électronique, innovante et créatrice d’emplois, démontre l’ambition du pays dans les hautes technologies, il est temps de lui redonner la place qu’elle mérite dans l’économie française.

Bruno Lemaire lors du lancement du plan Nano 22 à Crolles, le 15 mars 2019.

 


Les actions de la DGE

En raison du rôle déterminant que joue la microélectronique pour le reste de la filière, l’Etat est convaincu de la nécessité de soutenir spécifiquement ses acteurs industriels, notamment à travers le plan Nano 2022, afin que la France reste compétitive et indépendante dans un contexte où l’agressivité de la concurrence internationale s’intensifie.

Nano 2008 (2003-2007) : construit autour de grands industriels, d’une cinquantaine de laboratoires et de PME, le premier plan de soutien permettant d’associer étroitement recherche et industrialisation a connu un franc succès en dépassant les objectifs prévisionnels.

Appel à projets nanoélectroniques et ligne pilotes (2010-2011) : conduits avec une forte ambition, ces appels à projets visaient à faire émerger de nouvelles technologies de pointe et à favoriser leur passage à l’industrialisation grâce au dispositif des installations pilotes.

Nano 2012 (2008-2012) : il a à la fois permis de rester dans la course acharnée à la miniaturisation en passant les nœuds inférieurs au 40nm (32 et 22nm) et de se diversifier en établissant une expertise de rang mondial sur la technologie du silicium sur Isolant (SOI), pour laquelle la France est encore aujourd’hui un des pays les plus avancés.

Nano 2017 (2012-2017) : premier plan de soutien à intégrer une dimension européenne, il se mobilise autour des générations suivantes de circuits intégrés en misant sur le développement de technologies permettant de concevoir et graver à une échelle plus fine.

L’équipe projet Nanoélectronique de la DGE suit de près l’évolution de la microélectronique mondiale et adapte le soutien de l’Etat pour faire face aux enjeux de demain : IA embarquée, électronique pour les véhicules du futur, indépendance industrielle.


Nano 2022

Approfondissant la logique européenne et co-construit avec 3 autres Etats-membres, il aide à soutenir 6 chefs de file industriels, leurs partenaires et le CEA à améliorer le niveau de maturité de nombreuses technologies d’avenir.


Intelligence Artificielle embarquée

Les algorithmes d’IA quittent le Cloud pour s’inviter au sein de tous les appareils connectés. Les opportunités immenses de cette nouvelle tendance s’accompagnent d’enjeux technologiques importants.


Electronique de puissance

Les véhicules du futur intègrent de plus en plus d’électronique : les filières électronique et automobile françaises se mobilisent ensemble pour créer une « équipe de France de l’électronique de puissance ».


Appel à projet relocalisation

Au regard de leur importance pour la production industrielle et pour l’autonomie technologique de la France, le renforcement de certaines chaînes de valeur critiques apparaît nécessaire. Pour la microélectronique, il s’agit de soutenir l’implantation en France de certains maillons clés.


Lignes pilotes

Elaborés dans la perspective d’un soutien de la filière microélectronique, ces appels à projets ont concentré les partenariats entre un industriel et un laboratoire de recherche.


CPs for EU

Les systèmes cyber physiques (CPS) sont des entités physiques (voiture, avion, robot) contrôlées et commandées par des systèmes informatiques qui comprennent le milieu dans lequel l’appareil évolue. 

Mots clés
Mis à jour le 15/10/2020

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