Le plan Nano 2022

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Le plan Nano2022 est un plan de soutien à l’industrie de la micro/nanoélectronique, qui doit permettre de consolider l’industrie nationale dans le domaine de la fabrication de composants électroniques.

L’industrie micro-nanoélectronique

La micro-nanoélectronique : un secteur clé de l’industrie électronique

Au cœur de l’industrie électronique, le secteur de la micro-nanoélectronique rassemble tous les acteurs concevant et produisant les composants électroniques élémentaires à l’échelle micro et nano métrique. Ces composants ensuite agencés entre eux sur un substrat de silicium (un semi-conducteur) forment un circuit intégré, plus communément appelé puce, qui est au cœur du fonctionnement de tous les appareils électroniques que nous utilisons quotidiennement : smartphone, voiture ou ordinateur…

Utilisant des procédés de gravure hautement technologiques comme la photolithographie, l’industrie microélectronique représente en France 4 milliards d’euros de chiffre d’affaire et emploie directement près de 20 000 personnes. Nourrie en amont par les travaux de recherche et développement de laboratoires de classe mondiale comme le CEA, elle est tirée en aval par de très nombreuses filières applicatives : automobile, communication, aéronautique, défense…                                             

L’électronique : industrie stratégique qui s’organise en filière

La micro-nanoélectronique représente un des nombreux secteurs de l’électronique, industrie plus globale qui intègre également les activités de connectique et d’assemblage. L’industrie micro-nanoélectronique figure donc parmi les technologies clés génériques et représente un secteur particulièrement stratégique à double titre : située très en amont de la chaîne de valeur, elle représente d’abord un vecteur d’innovation sans pareil permettant à toutes les autres filières industrielles avales françaises de rester compétitives. En développant également des technologies proprement françaises et européennes, elle limite pour la production nationale, la nécessité d’avoir recours à des technologies étrangères, assurant ainsi une autonomie dans les domaines de souveraineté et une importante indépendance économique. 

Reconnue secteur stratégique par le CNI (Conseil National de l’Industrie), l’industrie électronique française se constitue en filière en 2018 en créant le CSF (Comité Stratégique de Filière) électronique. Avec la vocation de soutenir et développer ce tissu industriel d’avenir, le CSF a présenté les objectifs français en matière d’électronique lors de la signature du Contrat de filière par le Ministre de l’Economie et des Finances, le 15 mars 2019 :

  • maintenir l’excellence française dans les technologies clés du numérique en amplifiant l’effort de R&D&I,
  • adapter les compétences en anticipant les évolutions des besoins
  • promouvoir une fabrication électronique made in France compétitive partout sur le territoire
  • positionner la filière en tant qu’acteur clé de la transformation numérique

Les industries de l’électronique pâtissent aujourd’hui, à tort, d’une image peu visible. Pour autant ces industries, à la pointe des technologies et des processus de production, constituent le socle industriel indispensable pour l’ensemble des secteurs applicatifs, au premier rang desquels figurent l’automobile, l’aéronautique, le spatial et les objets connectés.

La filière électronique, innovante et créatrice d’emplois, démontre l’ambition du pays dans les hautes technologies, il est temps de lui redonner la place qu’elle mérite dans l’économie française.

Bruno Lemaire lors du lancement du plan Nano 22 à Crolles, le 15 mars 2019

En raison du rôle déterminant que joue la microélectronique pour le reste de la filière, l’Etat est convaincu de la nécessité de soutenir spécifiquement ses acteurs industriels à travers le plan Nano 2022 afin que la France reste compétitive et indépendante dans un contexte où l’agressivité de la concurrence internationale s’intensifie.


Nano 2022

Le plan Nano 2022 vise à épauler les industriels nationaux dans le contexte d’une industrie nécessitant des investissements élevés pour rester dans la course à l’innovation, sur un marché très dynamique et en grande concurrence.

Il s’inscrit dans un projet européen ambitieux et structurant (Important Project of Common European Interest, ou IPCEI ) pour la nanoélectronique. Cet IPCEI, conclu entre quatre pays (France, Allemagne, Royaume-Uni et Italie), est divisé en cinq sous projets :

  • Les composants à faible consommation énergétique (FD-SOI)
  • Les composants de puissance
  • Les capteurs intelligents
  • les équipements de fabrication de semi-conducteurs
  • les circuits en matériaux composites

Le projet important d’intérêt européen commun (PIIEC ou IPCEI en anglais) est un dispositif dérogatoire au régime des aides d’État prévu par le Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE), qui permet notamment d’accorder des aides aux travaux de première industrialisation.

Le soutien public au plan Nano2022, qui mobilise près 1,1 Md d’euros d’aides publiques dont 886,6 millions d’euros de la part de l’Etat, entraînera de nombreux effets positifs les écosystèmes français et européens. En France, les retombées attendues incluent :

  • des dépenses de travaux et d’investissements réalisés par les partenaires, à hauteur de 5 milliards d’euros ;
  • 4 000 emplois directs créés ou maintenus ainsi que 8 000 emplois indirects et induits potentiels 
  • le maintien et le développement des sites industriels, avec la création de nouvelles capacités de production sur le territoire national
  • le renforcement de la collaboration entre les acteurs de l’écosystème, au-delà du seul cadre de travaux de R&D
  • le soutien à l’innovation et à la compétitivité des filières situées en aval, ainsi que la sécurisation de leur approvisionnement en composants

Soutien de l’Etat à l’industrie micro-nanoélectronique

Le plan Nano 2022 s’inscrit dans la continuité d’une longue tradition de soutien à l’industrie de la microélectronique dont l’Etat a fait depuis longtemps l’une de ses priorités majeures.

Nano 2008 (2003-2007) : construit autour de grands industriels, d’une cinquantaine de laboratoires et de PME, le premier plan de soutien permettant d’associer étroitement recherche et industrialisation a connu un franc succès en dépassant les objectifs prévisionnels.  
  Nano 2012 (2008-2012) : il a à la fois permis de rester dans la course acharnée à la miniaturisation en passant les nœuds inférieurs au 40nm (32 et 22nm) et de se diversifier en établissant une expertise de rang mondial sur la technologie du silicium sur Isolant (SOI), pour laquelle la France est encore aujourd’hui un des pays les plus avancés.
Nano 2017 (2012-2017) : premier plan de soutien à intégrer une dimension européenne, il se mobilise autour des générations suivantes de circuits intégrés en misant sur le développement de technologies permettant de concevoir et graver à une échelle plus fine.  
  Nano 2022 : approfondissant la logique européenne et co-construit avec 3 autres Etats-membres, il aide à soutenir 6 chefs de file industriels, leurs partenaires et le CEA à améliorer le niveau de maturité de nombreuses technologies d’avenir.


Lancement de Nano 2022

De gauche à droite : Rudi DE WINTER (XFAB), Jean-René BOIS (UMS), Jean-Marc CHERY (STMicroelectronics Groupe), Emmanuel SABONNADIERE (Directeur du CEA-Leti), Christophe MALEVILLE (Soitec), Bruno LE MAIRE (Ministre de l’économie et des finances), Jean-François DELEPAU (Sofradir-Ulis), Cyril MENON (Soitec), Thierry TINGAUD (STMicroelectronics France).

Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Lemaire, s’est rendu le 15 mars 2019 sur le site industriel de STMicroelectronics à Crolles (Isère) en présence des représentants des chefs de file de Nano 2022, de leurs partenaires, des collectivités territoriales et du CSF électronique pour annoncer le lancement du programme de développement et de déploiement industriel Nano 2022 ainsi que pour signer le Contrat de filière du CSF.

1er anniversaire de Nano 2022

Un an après le lancement de Nano 2022, des éléments de bilan satisfaisants peuvent déjà être avancés.

En termes d’emploi, les travaux de Nano 2022 ont mobilisé 1849 personnes, au titre de l’année 2019 et génèrent depuis deux ans, en moyenne 230 emplois chez les chefs de file et le CEA. Alors que le contexte industriel est peu favorable, ces chiffres sont pourtant en augmentation constante depuis 2017.

 

Tableau des effectifs mobilisés par Nano 2022, au titre des années 2018 et 2019

 

 

Evolution des effectifs du CEA et des chefs de file

Les aides d’Etat de Nano 2022 ont également généré de conséquents investissements chez les 6 chefs de file et le CEA puisqu’ils ont permis de financer des projets d’agrandissement d’usine et de nouveaux bâtiments de production. Le dynamisme grandissant des entreprises de la nanoélectronique dans l’écosystème français laisse entrevoir de belles perspectives pour la suite du plan Nano 22.

La R&D étant un volet majeur du déploiement industriel, le nombre de brevets déposés et de publications scientifiques publiées sont des indicateurs précieux du niveau d’activité des différents bénéficiaires. Les 6 chefs de file et le CEA ont déposé 287 brevets en 2018 et 315 en 2019, témoignant de résultats de recherche encourageants et d’une politique de protection de la propriété intellectuelle française en vue de la mise sur le marché de technologies innovantes. Parallèlement à cela, ils ont publié plus de 350 articles et thèses scientifiques en 2019, permettant aux acteurs français de la nanoélectronique de maintenir une réputation mondiale en matière d’innovation et de technologie de pointe.

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Mis à jour le 18/09/2020

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