Vers une offre industrielle européenne de véhicules électriques

10/02/2020

Pasha Pechenkin / Getty images
Fin 2018, la France et l’Allemagne ont lancé une initiative visant à créer une filière franco-allemande de batteries et relancer ainsi l’ambition de la politique industrielle européenne et contribuer à faire de l’Europe le premier continent neutre en carbone d'ici à 2050.

Ce projet allie développement industriel et croissance verte.  L’objectif est de développer en Europe des technologies plus respectueuses de l’environnement que les batteries actuellement sur le marché. L’industrie automobile européenne sera en mesure d’offrir aux Européens des véhicules électriques véritablement verts, avec une empreinte carbone fortement diminuée grâce à la relocalisation de la production en Europe.

L’« Airbus des batteries » : une coopération européenne efficace et ambitieuse

Fin 2018, La France et l’Allemagne ont lancé une initiative visant à créer une filière franco-allemande de batteries et relancer ainsi l’ambition de la politique industrielle européenne.

La France et l’Allemagne ont été rejointes courant 2019 par la Belgique, la Finlande, l’Italie, la Pologne et la Suède, et c’est en assemblant les savoir-faire de groupes industriels de ces pays qu’une chaîne de valeur complète de la filière des batteries, de l’extraction des minerais au recyclage, en passant par la fabrication, pourra voir le jour.  Le projet compte 17 participants, principalement des acteurs industriels, qui collaboreront étroitement les uns avec les autres et avec plus de 70 partenaires externes (PME, organismes publics de recherche européens, etc.). En décembre 2019, la Commission européenne a validé ce projet paneuropéen de recherche et d’innovation dans tous les segments de la chaîne de valeur des batteries : au cours des dix prochaines années, des financements publics pourront être apportés à hauteur de 3,2 milliards €, ce qui devrait permettre de mobiliser 5 milliards € supplémentaires en investissements privés.

Un second projet, coordonné par l’Allemagne, est en cours d’examen par la Commission européenne et viendra consolider, avec une dizaine de nouveaux acteurs, cette filière naissante au sein de l’Union européenne.

Un projet créateur de milliers d’emplois sur le territoire français

La France et l’Allemagne soutiennent un ambitieux projet porté par SAFT (filiale du groupe Total et producteur de batteries pour différents secteurs industriels) et le constructeur automobile PSA.  L’objectif de la joint-venture entre PSA et SAFT est de développer et produire des cellules lithium-ion, qui sont l’ingrédient clef des batteries rechargeables des voitures électriques.  Le plan de développement industriel permettra la construction de trois sites : un centre de R&D et une ligne pilote pour la mise au point des équipements de production à Nersac en Nouvelle-Aquitaine ; une usine sur le site industriel de PSA à Douvrin (Hauts-de-France) ; une usine en Allemagne.

Ces projets bénéficieront d’un financement public français pouvant aller jusqu’à 850 millions € dont 690 millions € de l’État (en provenance du Programme d’Investissements d’Avenir et du Fonds de l’Innovation et de l’Industrie).


Trois enjeux déterminants pour les constructeurs automobiles européens

  • Un enjeu stratégique pour réduire leurs émissions de C02 conformément à la réglementation européenne (- 37,5 % en 2030).
  • Un enjeu économique de maîtrise de 35 % de la valeur ajoutée du véhicule électrique.
  • Un enjeu de souveraineté, la production mondiale de cellules de batteries automobiles étant concentrée en Asie.

Mis à jour le 17/02/2020

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