Les poids lourds : en route vers l’électrification
Les Thémas de la DGE
La décarbonation du transport routier de marchandises est un enjeu majeur pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en France, ce secteur étant responsable de 7,4 % des émissions nationales.
Malgré une évolution limitée des émissions du secteur au cours de la dernière décennie, la stratégie nationale bas carbone (SNBC) prévoit une diminution d’environ un tiers d’ici 2030 et une quasi neutralité en 2050.
L’atteinte de cet objectif implique la mobilisation conjointe de tous les leviers d’action, dont le report modal, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la maîtrise de la demande et l’optimisation des taux de chargement. Parmi ces leviers, l’électrification des flottes jouera un rôle central : ce levier seul doit plus de 50 % de l’effort entre 2023 et 2050 et environ 70 % pour la période 2030-2050, contre un peu plus de 10 % par exemple pour le report modal. Au-delà des bénéfices environnementaux, l’électrification des poids lourds présente également un intérêt en matière de souveraineté industrielle, compte tenu du niveau de maturité désormais atteint par l’offre. En 2024, environ deux tiers des poids lourds électriques immatriculés sont assemblés en France. Cependant, le surcoût à l’acquisition des poids lourds électriques et les ajustements organisationnels nécessaires freinent encore leur adoption. En moyenne, le coût complet d’utilisation de ces véhicules est encore plus élevé que ceux du diesel, mais la situation devrait s’inverser pour la majorité des cas d’usage et des segments de véhicules avant 2030. Si ce surcoût est non négligeable à l’échelle d’un transporteur, son impact sur l’ensemble de l’économie et sur la compétitivité internationale est neutre.
Afin de soutenir la demande de poids lourds électriques, des dispositifs d’aides accompagnent les transporteurs dans leurs projets d’électrification, comme le suramortissement fiscal dédié à l’acquisition de véhicules lourds fonctionnant aux énergies alternatives au diesel, ou encore les appels à projets, remplacés en 2025 par un dispositif d’aide financé par les certificats d’économie d’énergie. Globalement, les motorisations au B1001 et au gaz naturel bénéficient d’un soutien public plus important que la motorisation électrique, qui reçoit elle-même un appui supérieur à celui du diesel et se finance principalement à travers ces certificats.
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« Les Thémas » de la DGE est une collection qui vise à apporter une analyse économique et un éclairage synthétique sur les politiques publiques relevant du champ de compétence de la Direction générale des Entreprises.
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