Portraits de femmes #44 : Hélène Virette
Hélène Virette est cheffe de projets « décarbonation des industries » à la Direction régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS) des Hauts-de-France.
Quel est votre parcours et pourquoi avoir choisi de venir à la DREETS ?
Je suis ingénieure de l’industrie et des mines et j’ai notamment réalisé mes études en apprentissage dans les domaines de la qualité, de la sécurité et de l’environnement. J’ai ainsi pu découvrir concrètement l’industrie, secteur dans lequel mon père exerçait un métier qui le passionnait, passion qu’il m’a transmise. J’ai débuté ma carrière en tant que responsable qualité, sécurité et environnement dans l’entreprise Parexgroup SA où je suis restée plus de trois ans.
J’appréciais particulièrement la rigueur et le cadrage réglementaire des sujets environnementaux et je me suis donc orientée par la suite vers la fonction d’inspectrice des installations classées. En 2013, j’ai rejoint la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) des Hauts-de-France. Ce sont mes valeurs personnelles qui m’ont amenée à rejoindre la fonction publique : je voulais servir l’intérêt général et contribuer en particulier à faire avancer les politiques de transition écologique.
En 2018, j’ai intégré la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) avec l’envie de relever un nouveau défi en accompagnant le développement de la filière ferroviaire dans les Hauts-de-France. J’ai ensuite pris un poste de cheffe d’équipe à la DREAL. Pendant trois ans, j’ai managé des inspecteurs de l’environnement en charge des carrières, éoliennes, sites et sols pollués et des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).
Finalement, en 2023, un poste alliant protection de l’environnement et décarbonation de l’industrie a été ouvert à la DREETS des Hauts-de-France. C’était une occasion idéale de réunir mes convictions et le besoin de me rendre utile. Depuis deux ans et demi, j’occupe donc la fonction de cheffe de projets « décarbonation des industries ».
Dites-nous en plus sur votre poste et vos missions.
Je suis basée à Lille où nous sommes 14 agents au sein du Service économique de l’État en région (SEER).
Mon rôle principal est d’accompagner les 40 sites industriels les plus émetteurs des Hauts-de-France dans la réalisation de leur trajectoire de décarbonation : de la planification à la concrétisation des projets. Je fais beaucoup de pédagogie sur les autorisations environnementales, souvent complexes, pour que les réglementations et leur application dans le cadre des projets soient bien compris. Sous l’égide des sous-préfets, je suis en lien avec les autres services déconcentrés : la DREAL et la Direction départementale des Territoires et de la Mer (DDTM).
Ma deuxième mission consiste à suivre les travaux de la zone industrielle de Dunkerque, dans le cadre de l’appel à projets « zones industrielles bas carbone ». J’accompagne les porteurs de projets dans la réalisation d’études sur les infrastructures énergétiques, la disponibilité électrique ou encore les besoins associés pour que cette zone industrielle devienne neutre en carbone à l’horizon 2050.
Concrètement, je me déplace sur les sites industriels une à deux fois par semaine. Je collecte puis remonte des informations du terrain à l’administration centrale et, inversement, je fais redescendre les politiques publiques en local pour les tester et voir leurs limites afin de pouvoir les ajuster par la suite. Je navigue entre tous ces échelons et les différents types d’industries présentes dans ma région comme l’agroalimentaire, l’automobile et les matériaux (aluminium, etc.) qui est la filière la plus représentée.
Je co-pilote également le projet prioritaire relatif à la décarbonation de l’industrie, qui est mené dans le cadre de la collaboration de la DGE avec les SEER depuis plus de trois ans. Que ce soit entre SEER ou avec l’administration centrale, nous nous réunissons tous les 15 jours pour partager nos bonnes pratiques et échanger sur nos problématiques. Ce projet vise à alimenter les politiques publiques, faciliter les projets et les mettre en œuvre afin d’atteindre les objectifs fixés par la France. J’insiste sur ce point, c’est un travail collaboratif : les industriels sont moteurs et ont la volonté de faire avancer les choses mais rencontrent souvent des freins (textes européens, autorisations environnementales limitées, contraintes liées aux AAP, etc.).
Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre fonction ? À la DREETS ?
La diversité de mes missions et mes interlocuteurs (chefs d’entreprises, chefs de projets sur les sites industriels, représentants sectoriels, etc.) ! J’ai toujours voulu travailler dans le secteur industriel, j’ai un métier-passion qui sert l’intérêt général et contribue à la protection de l’environnement, sujet qui me tient à cœur. Être une femme dans un milieu plutôt masculin n’a pas été un frein me concernant du fait de ma fonction d’inspectrice et de mon expertise. Je considère même que c’est un atout. Une fois maîtrisé le langage de l’industrie, j’ai réussi à m’imposer et les chefs d’entreprises, qui sont à 80 % des hommes, n’ont pas remis en question ma parole, au contraire !
J’aime ce travail en réseau : nous avons tous des idées différentes et c’est cette variété qui crée de la valeur. Le fait de concilier dynamisme industriel et préservation de l’environnement rend mon poste passionnant.
Je n’ai pas de journée type, ce que j’apprécie aussi particulièrement ! Je ne supporte pas la monotonie, j’aime beaucoup que le rythme de mes semaines évolue. J’aime aller sur le terrain et pouvoir découvrir les sites industriels de ma région contribue aussi à la qualité du poste.
Un conseil aux femmes qui liront votre portrait ?
Je pense qu’il faut faire preuve d’audace mais aussi d’humilité, continuer d’apprendre plutôt que de se dire que ce n’est pas pour nous. Bien savoir s’entourer est aussi essentiel pour aller plus loin et enfoncer les bonnes portes. Il ne faut pas se freiner ni abandonner à cause de limites présupposées. Rien n’est impossible pour celle qui veut !
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