• Égalité professionnelle

Portraits de femmes #46 : Luisa Oliveira

Luisa Oliveira est directrice de projets réforme, tutelle et pilotage des Chambres de métiers et de l'artisanat au Service de l'économie de proximité (SEP) de la Direction générale des Entreprises (DGE).

Publié le : 24 Fév 2026
© DGE

Quel est votre parcours et pourquoi avoir choisi de venir à la DGE ?

J’ai commencé mes études de droit au Portugal, mon pays d’origine, avant d’intégrer le collège d’Europe de Bruxelles et de me spécialiser en droit européen. Cette expérience a été très enrichissante culturellement et humainement. Une fois diplômée, je me suis installée en France et j’ai débuté ma carrière dans le secteur privé. J’ai ensuite rejoint le public en intégrant l’Opérateur national de paie (ONP). Même si le projet de paie unique pour tous les fonctionnaires a été arrêté, cette première expérience a été un vrai déclic pour moi : c’est là que j'ai pris goût au service public.

Par la suite, j’ai intégré le ministère du Travail et des Solidarités, où j’ai notamment travaillé sur la réforme des agents artistiques. Elle visait à mettre en conformité cette profession, historiquement soumise à une autorisation administrative et une licence, avec les exigences de la directive « services » de l'Union européenne et ainsi garantir le principe de liberté d'établissement et d'exercice par la suppression de ladite licence et la déréglementation de l’activité.

En 2013, j’ai rejoint la DGE à un poste transversal au Service de la compétitivité, de l'innovation et du développement des entreprises et de l'action territoriale. Il consistait à faire le lien entre les experts sectoriels de la DGE et les institutions européennes afin de porter les positions françaises sur la compétitivité des entreprises auprès des instances communautaires. Les missions que j’ai pu découvrir dans le secteur public m’ont donné envie d’inscrire mon parcours sur la durée. J’ai donc saisi l’opportunité de passer le concours de titularisation dans le cadre de la loi Sauvadet puis j’ai présenté le principalat.

J’ai ensuite pris un poste au sein d’un autre service de la DGE, la SDCAR, où je pilotais l’action de l’équipe en charge d’instruire les recours devant la commission nationale d’aménagement commercial  (CNAC). J’avais envie de passer à une dimension plus opérationnelle et le volet managérial m’intéressait aussi. Cette expérience m’a permis de voir comment une réglementation en matière d’implantation de surfaces commerciales, parfois perçue comme abstraite, façonne l’équilibre de nos territoires et impacte la vie économique locale.

Finalement, en 2022, j’ai intégré la Sous-direction des chambres consulaires (SDCC) en tant que directrice de projets en charge des réformes, tutelles et pilotage des chambre de métiers et d’artisanat (CMA).

Dites-nous en plus sur votre poste actuel et vos missions.

Je manage une équipe composée d’une cheffe de projets et de deux chargés de missions, qui ont chacun leur spécialisation (budget, dialogue social, etc.) et leur portefeuille. Nous assurons la tutelle d’un réseau de 21 établissements publics qui sont les Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA). Ces structures de proximité sont administrées par des chefs d’entreprises élus par leurs pairs. 

Nous échangeons sur leurs problématiques en fonction de l’actualité et, au-delà des aspects financier et stratégique, nous veillons à la bonne efficacité du réseau afin de répondre aux enjeux et au développement du secteur de l’artisanat. Pour cela, nous coconstruisons le contrat d’objectifs et de performance avec la tête de réseau CMA France qui est ensuite décliné au niveau territorial en conventions d’objectifs et de moyens, avec des objectifs et indicateurs pour s'assurer que la ressource publique, via une taxe affectée au réseau, serve concrètement l’artisanat sur le terrain.

Ce travail quotidien avec CMA France au niveau national me permet de faire le pont avec les services sectoriels de la DGE qui portent les politiques d’accompagnement des entreprises au niveau régional. Nous participons à l’ensemble des instances de gouvernance du réseau (assemblée générale, conférence de présidents, commission, etc.) et nous allons aussi sur le terrain à leur rencontre pour mieux connaître leurs missions et leurs outils. Ces visites nous permettent d’avoir une vision plus approfondie de ce que nous leur demandons de mettre en œuvre, de la manière dont les CMA le réalisent et de leurs difficultés. Ces visites sont très riches, elles nous aident dans l’exercice de la tutelle et contribuent à construire des relations de confiance.

Ce poste est très diversifié : je peux travailler à la fois sur la loi de finances et le bon niveau de taxes et sur des problèmes plus concrets (gouvernance, ressources humaines, etc.) qui peuvent se poser au sein des CMA. 

Je suis aussi en contact régulier avec les Directions régionales de l'Économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS), qui assistent les préfets dans la tutelle des établissements implantés au niveau local. Nous travaillons avec 18 correspondants en région dont la mission est de gérer la tutelle des réseaux consulaires. Nous échangeons beaucoup sur les actions mises en œuvre, l’actualité et les enjeux du territoire. Nous nous réunissons deux à trois fois par an, avec nos collègues de la DGE qui s’occupent des Chambres de commerce et d’industrie (CCI), afin d'échanger sur l'actualité et de partager nos bonnes pratiques. 

Qu'est-ce que vous appréciez le plus dans votre fonction ? À la DGE ? 

J’apprécie particulièrement la richesse de mon poste qui me permet d’interagir avec des interlocuteurs variés. Le travail au quotidien au sein d’une petite équipe est un aspect qui me tient à cœur, car son format restreint favorise des relations interpersonnelles fortes.

Je suis également très attachée à la dimension concrète et humaine de mon domaine d’activité, l’artisanat, et je trouve stimulant de traduire cela par des politiques publiques qui s’inscrivent concrètement dans la réalité du dernier kilomètre.

Ce que j’apprécie aussi à la DGE, et qui m’a marquée dès mon arrivée, c’est la grande diversité des profils et des parcours des agents qui y travaillent : des ingénieurs des mines, des administrateurs d’État, des attachés, des contractuels, etc. Ce brassage de cultures professionnelles est enrichissant et cette diversité des regards permet d’avoir une vision à 360 degrés dans l’élaboration des politiques publiques que nous mettons en œuvre. J’apprécie aussi beaucoup les événements de convivialité de la DGE qui sont une bonne occasion d’échanger avec les collègues avec qui nous ne travaillons pas directement au quotidien.

La DGE est une direction où je me sens bien et où j’ai eu envie d’évoluer : la preuve j’y ai pris trois postes ! Ils étaient très différents mais m’ont permis de passer de missions transversales à des missions de référente sur les projets d’implantation commercial et de coordination avec les CMA.

Un conseil aux femmes qui lieront votre portrait ?

Il faut apprendre à se faire confiance. En tant que femme, je trouve que nous sommes plus confrontées au syndrome de l’imposteur car nous nous interrogeons davantage sur notre légitimité. J’ai pu bénéficier du programme de mentorat de la DGE, DG'Elles, durant mon parcours. Ce type d’initiative permet de briser et de combattre ces barrières mentales et déconstruire ces mécanismes.

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