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Portrait de femme #48 Éléonore Le Bihan

Éléonore Le Bihan est adjointe à la cheffe du bureau des affaires budgétaires, au Secrétariat général de la Direction générale des Entreprises.

Publié le : 11 Mai 2026

Quel est votre parcours et pourquoi avoir choisi de venir à la DGE ?

J’ai réalisé ma maîtrise de droit – carrière judiciaire et sciences criminelles à l’Université Paris-Saclay avant de rejoindre l’Institut de préparation à l'administration générale de Paris-Panthéon-Assas puis l’École nationale des greffes. J’ai ainsi intégré le ministère de la Justice, en qualité de directrice des services de greffe, en 2002. J’ai débuté aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Bobigny mais je restais malgré tout une amoureuse du chiffre : j’ai donc naturellement rejoint la cellule budgétaire du tribunal de grande instance de Paris, en 2003, puis la Direction des services judiciaires du ministère de la Justice, au poste de responsable du pilotage des crédits hors titre 2.

Je suis ensuite devenue directrice de greffe du tribunal d’instance du 12e arrondissement de Paris puis cheffe du bureau de la gestion des rémunérations et responsable du pilotage des emplois et de la masse salariale à la Cour d’appel de Paris. En 2017, après avoir obtenu mon intégration dans le corps des attachés puis le principalat, je suis devenue adjointe du chef de bureau du budget, de la comptabilité et des moyens de la sous-direction des finances en administration centrale, où je contribuais notamment à la préparation du projet de loi de finances pour le compte des services judiciaires au ministère de la Justice. Tout au long de ma carrière, j’ai participé à la mise en application de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), promulguée en 2001, qui encadre les lois de finances en France et a été une véritable révolution permettant de moderniser la gestion de l'État et de renforcer les prérogatives du Parlement.

Après 17 ans au ministère de la Justice, j’ai eu envie de découvrir une autre administration et plus particulièrement le ministère de l’Économie et des Finances d’abord en tant qu’adjointe au chef de bureau de la synthèse budgétaire, gestion des finances publiques et des ressources humaines, puis la DGE, que j’ai rejoint en 2023.

Dites-nous en plus sur votre poste actuel et vos missions.

Je suis adjointe à la cheffe du bureau des affaires budgétaires dans une équipe de sept agents. Nous contribuons activement à l’exécution des crédits obtenus pour l’année en cours et à la préparation de la loi de finances pour les années suivantes. Notre mission consiste à collecter les besoins budgétaires des services métiers pour ensuite les soumettre à la Direction du Budget de Bercy, porter et défendre les demandes puis participer aux arbitrages au regard des décisions et orientations des cabinets ministériels.

Par la suite, le projet de loi de finances (PLF) est présenté aux commissions des finances. Lors de la préparation du PLF, nous recevons environ 500 questions parlementaires, auxquelles les services métiers doivent répondre avant le 10 octobre. Les parlementaires peuvent aussi demander à auditionner la direction. Ensuite, lors des séances publiques, nous suivons les amendements déposés par les parlementaires jusqu’au vote de la loi de finances. C’est un travail important et intéressant : nous sommes un petit maillon qui participe à l’organisation de la vie de l’État.

Une fois le budget voté, il faut l’exécuter ! Nous notifions les services métiers des crédits mis à disposition, et pouvons être amenés à redéployer des crédits lorsqu’en gestion ils s’avèrent insuffisants ou excédentaires. Nous avons trois réunions de suivi par an avec le contrôleur budgétaire ministériel : nous détaillons en février notre programmation, au bout de trois mois nous lui faisons un compte-rendu des crédits consommés et des prévisions jusqu’à la fin de l’année. En septembre, nous présentons notre prévision d’atterrissage. Que ce soit pour l’année en cours ou la préparation de la suivante, il nous faut nous adapter en permanence.

En fin d’année, nous rédigeons les rapports annuels de performance. Ces documents officiels sont publiés en annexe du projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l'année. Ces documents servent aussi de base de travail pour les parlementaires qui vérifient ainsi comment les crédits votés l’année précédente ont été exécutés. Dans le cadre de la préparation de son rapport relatif à l’exécution budgétaire de l’année écoulée, la Cour des Comptes nous sollicite et nous contribuons à la rédaction des réponses.

Je n’ai pas de journée type car il y a beaucoup d’échanges, de négociations, de rédaction, de la vérification sur l’exécution des budgets. C’est très varié et mon plan de charge évolue en permanence.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre fonction ? À la DGE ?

J’ai toujours adoré ce que je faisais mais ce qui est passionnant, à la DGE, est que nous sommes au cœur des politiques publiques destinées aux entreprises. C’est une direction très vivante, nous ne nous ennuyons jamais et il n’y a pas de temps creux avec tous les dispositifs qui sont mis en œuvre. Ce que je trouve génial au sein de cette direction est que nous passons véritablement d’un domaine à un autre, de l’automobile aux petites entreprises en passant par le tourisme, etc.

J’aime beaucoup contribuer à la mise en place de la loi de finances et participer aux séances publiques.

J’ai fait des rencontres fabuleuses à la DGE, avec une hiérarchie qui me fait confiance. J’ai été retenue pour rejoindre Potenti’Elles, ce dont j’étais très fière. C’est un programme de la direction qui, depuis 2022, accompagne chaque année une dizaine de femmes dans leurs parcours avec des formations, du coaching individuel ou encore des rencontres inspirantes, etc. Les échanges avec des collègues, qui ont vécu d’autres expériences, ont été très enrichissants et m’ont permis de me rendre compte des freins que je me mettais moi-même, par exemple.

Un conseil aux femmes qui liront votre portrait ?

Je dirais le même conseil qui m’a été donné : il faut se faire confiance et ne pas se mettre de freins, ce que j’ai pu faire dans le passé. Au début de ma carrière, nous étions formatées, en particulier en ce qui concernait la maternité. On m’a souvent fait comprendre que cela pouvait être une contrainte et que je devrais la gérer sans que cela n’impacte mon travail. J’ai eu la chance de faire des belles rencontres, notamment ces trois dernières années, je pense notamment à Barbara Siguret, Secrétaire générale de la DGE jusqu’à cette année, et Élodie Morival, Sous-directrice du pilotage de la stratégie et de la performance, qui m’ont aidée à me libérer de ces freins.

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