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Les femmes de la DGE, portrait #2 : Orianne Chenain

Afin de mettre à l’honneur les femmes qui la font, la DGE lance une série mensuelle de portraits d’agentes en poste ou passées en son sein. Ce deuxième témoignage est celui d’Orianne Chenain, directrice de projets au sein de la sous-direction du développement des entreprises.

Les femmes de la DGE, portrait #2

De Hong Kong à la DGE, il n’y a qu’un pas. Après plusieurs expériences à l’étranger, Orianne Chenain a posé ses valises à la Direction, en rejoignant le service de la compétitivité, de l’innovation et du développement des entreprises il y a un peu plus d’un an. Véritable globe-trotteur, la directrice de projets « Entrepreneuriat et développement des entreprises » revient sur la richesse de ses expériences professionnelles, et nous présente la diversité de ses missions au sein de la DGE. Elle entrevoit aussi des pistes en faveur de l’égalité des genres. La ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes n’a qu’à bien se tenir...

Racontez-nous votre parcours en quelques mots. Qu’est-ce qui vous a attiré à la DGE ?

Ma carrière commence au ministère de l’Intérieur, où je suis restée six ans avant de travailler à Singapour, dans un cabinet d’avocats anglo-saxon. Puis, je suis revenue au ministère, pour ensuite repartir à l’étranger... J’ai finalement intégré la DGE il y a près de 15 mois, après 12 années passées entre Hong Kong, la Chine et la Russie, dans le secteur privé.

De retour en France, il me paraissait naturel de rejoindre la DGE, direction des entreprises par excellence, de par sa vision stratégique des filières et l’accompagnement qu’elle offre aux entreprises dans leurs grandes évolutions (digitalisation, développement durable...)

Il me semblait que ma connaissance du monde de l’entreprise - j’ai notamment dirigé des PME à Moscou - pouvait apporter un profil « terrain » à même de comprendre les problématiques propres aux PME, entre autres. Je suis ravie que l’on m’ait laissé ma chance, alors que j’avais quitté l’administration depuis de nombreuses années.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre poste ?

Le pôle « Entrepreneuriat et Développement des entreprises », dont je fais partie, répond à des problématiques centrales pour les PME et ETI, comme le financement des entreprises, la création d’entreprises, l’accompagnement des entrepreneurs, le soutien aux femmes qui entreprennent...

L’équipe est également chargée du fonds de solidarité, un dispositif clé du soutien aux entreprises touchées par le COVID, et un grand succès, notamment grâce à l’action de la DGE. 45 décrets et plus de 35 Md€ : un effort jamais vu avec des aides versées pour le fonds en 6,5 jours en moyenne ! C’est une incroyable aventure, qui représente un travail intense, mais qui procure le sentiment d’avoir contribué à quelque chose d’utile pour les entreprises. Cela nous a aussi amené à expérimenter une nouvelle façon de travailler (avec le « mode projet »), à construire une relation de confiance unique avec différents interlocuteurs mais aussi, à nous remettre en question pour bien répondre aux besoins et à la commande politique.

Venons-en à l’égalité femmes-hommes. Quel regard portez-vous sur le sujet ?

Je pense que c’est un sujet essentiel sur lequel il faut rester vigilant. La diversité des profils est capitale, et il n’y a aucune raison objective pour qu’on choisisse un profil en raison de son appartenance à tel ou tel groupe. L’administration se doit d’être exemplaire sur la question.

Mais, égalité ne veut pas dire parité totale ! Dans cette grande quête, les femmes doivent aussi s’investir pour faire bouger les lignes. Elles doivent oser, se sentir légitimes et prendre des risques. Il faut enfin continuer de faire évoluer les mentalités en donnant très tôt un rôle central à l’éducation.

Quelle serait la meilleure façon de promouvoir la place des femmes au sein de la DGE et du ministère ?

Beaucoup de choses sont déjà faites, comme l’initiative « DG’Elles ». Le mentorat me paraît aussi nécessaire. Il faut également s’assurer que, pour tout poste, il y ait toujours des candidatures masculines et féminines.

Enfin, il est regrettable que de nombreuses femmes se freinent car elles voient mal comment concilier vie de famille et un boulot très prenant. Beaucoup voudraient aller plus loin dans leur carrière et prendre des postes à responsabilité, mais, parce que tout mener de front sera compliqué, se limitent. Peu d’hommes encore s’imposent ce type de contrainte. Cela devrait tous nous interpeller.

Imaginons : vous êtes nommée ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes. Quelle est votre première mesure ?

Mon plan se déclinerait en trois axes : d’abord, un grand volet éducation et mentalité. Je voudrais par exemple que l’on organise des rencontres au collège et au lycée avec des entrepreneurs, des chefs d’entreprises, des ingénieurs, et, qu’à chaque fois, il y ait une grande proportion de femmes intervenantes. Ces « role model » seront de nature à créer des vocations.

Deuxième axe : les femmes entrepreneurs. Je voudrais m’assurer que toute femme qui monte son entreprise soit guidée pour que son projet ait encore plus d’ambition et de chance de réussite. A l’image de la sécurité sociale qui nous rappelle de faire tel ou tel examen préventif selon son âge, il faut accompagner de façon systématique les projets de création.

Je voudrais enfin mettre beaucoup plus d’« éga-conditionnalité » - c’est-à-dire rendre les aides publiques conditionnelles à la politique de lutte contre les inégalités mise en place - dès lors qu’il y a de l’argent public, à tous les niveaux de gouvernance.

Une astuce pour trouver sa place en tant que femme dans un milieu masculin ?

Travailler son estime de soi en se disant chaque matin, devant son miroir, que l’on est super !

De quoi êtes-vous le plus fière dans votre parcours ?

Débarquer à Hong Kong, pays de culture anglo-saxonne, où la liberté d’entreprendre est clé, avec un profil très axé « service public » comme le mien, était loin d’être évident, ne serait-ce que pour faire comprendre mon métier lorsque je passais des entretiens... Il a donc fallu se réinventer, traduire mes compétences et expertises dans un langage compréhensible par un chef d’entreprise.

Avec un profil initialement peu « exportable », je suis heureuse d’avoir réussi à m’adapter à de multiples environnements professionnels, à travailler sur des projets stimulants et variés, et d’avoir atteint les objectifs que je m’étais fixés. J’aime les relations que j’ai nouées avec des personnes aux parcours si divers et qui m’ont appris à appréhender les enjeux avec des perspectives différentes.

Une figure féminine qui vous inspire au quotidien ?

Deux noms me viennent : Christine Lagarde et Angela Merkel. Leurs compétences, leur vision et leur force de caractère font qu’elles sont légitimes dans leurs actions sans qu’il soit utile d’ajouter qu’elles sont des femmes.

Votre conseil aux femmes de la DGE ? Aux futures agentes ?

Osez !

N’ayez jamais de regrets, ne vous bridez pas et prenez des risques ! Allez au bout de vos rêves !

Mis à jour le 10/11/2021

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