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Transmission et reprise d’entreprise : un enjeu économique majeur et une opportunité entrepreneuriale à saisir

Près de 500 000 entreprises pourraient être transmises dans les dix prochaines années. Un enjeu majeur pour l’économie, l’emploi et les territoires. Reprendre ou transmettre, c’est assurer la continuité d’une activité et ouvrir de nouvelles perspectives entrepreneuriales.

Publié le : 23 Avr 2026
Temps de lecture : 9 min
Un homme plutôt agé en premier plan regarde devant lui. Un autre homme plus jeune en arrière plan regarde dans la même direction.
© AlexD75 - GettyImages

La transmission et la reprise d’entreprise concernent à la fois les dirigeants qui souhaitent céder leur activité et les entrepreneurs qui envisagent de reprendre une entreprise existante.

Dans un contexte de vieillissement des dirigeants, la reprise permet de préserver les entreprises, maintenir l’emploi et assurer la continuité des savoir-faire.

Un défi économique, territorial, de souveraineté et de compétitivité

Derrière chaque entreprise appelée à changer de main, il y a une histoire, des emplois, des savoir-faire et un ancrage territorial. Leur transmission permet la continuité de l’activité économique et l’équilibre de nombreux territoires. Tandis que les dirigeants approchent de l’âge de la retraite, cette réalité prend d’autant plus de sens et appelle une mobilisation accrue des acteurs publics comme privés.

Une vague massive de transmissions à venir

La France entre dans une période marquée par un nombre élevé de transmissions d’entreprises. Selon la Direction générale des Entreprises (DGE), près de 500 000 dirigeants pourraient céder leur entreprise d’ici 2032.

Le vieillissement des dirigeants explique cette tendance. En effet, une part importante des chefs d’entreprise, en particulier dans les TPE et PME, approche aujourd’hui de l’âge de la retraite, souvent sans avoir encore engagé de démarche formalisée de transmission. Cette situation est le résultat d’un modèle entrepreneurial historiquement marqué par les parcours de dirigeants fondateurs.

Pourquoi en est-on arrivé là ?

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. La transmission reste encore insuffisamment anticipée par les dirigeants, alors même qu’elle nécessite une préparation sur plusieurs années. La complexité des démarches juridiques, fiscales et financières se présentent aussi comme un frein.

Par ailleurs, la reprise d’entreprise est moins valorisée que la création, malgré ses atouts.

Un enjeu stratégique pour la France

La transmission-reprise est un enjeu majeur pour l’économie française. Elle permet de maintenir l’emploi, de préserver des savoir-faire souvent spécifiques et de soutenir la vitalité des territoires, notamment dans les zones rurales ou les centres-villes. Il s’agit pour la France d’une préoccupation importante. Pour aller dans ce sens, l’État a d’ailleurs récemment mis en place plusieurs mesures de revitalisation économique pour redonner vie aux commerces locaux en centre-ville et centre-bourg.

La transmission-reprise contribue aussi à la souveraineté économique en permettant aux activités et aux savoir-faire de continuer à fonctionner en France, sans rupture. Le manque de repreneurs peut en effet conduire à la disparition de milliers d’entreprises chaque année.

Elle participe également au maintien des savoir-faire, de l’emploi, de l’activité économique et à la compétitivité des entreprises sur le long terme.

500 000

entreprises à transmettre d’ici 2032

3

millions d’emplois concernés par la transmission-reprise

37 000

transmissions réalisées en 2024

86 %

des entreprises transmises sont des TPE

Source : Théma « Les transmissions d’entreprises : tendances, défis et enjeux pour l’économie française » - DGE (2025)

Reprendre une entreprise : une autre façon d’entreprendre

Dans un contexte où de nombreuses entreprises sont appelées à changer de main, la reprise apparaît comme l’opportunité d’entreprendre autrement. Pourtant, malgré ses atouts, cette option reste encore méconnue ou insuffisamment envisagée par de nombreux porteurs de projet.

Une voie encore sous-estimée

Dans l’esprit collectif, l’entrepreneuriat reste étroitement associé à la création d’entreprise. Pourtant, la reprise est une alternative solide, qui permet d’entreprendre en s’inscrivant dans la continuité. Malgré cela, elle demeure encore insuffisamment connue et parfois reléguée au second plan dans les choix entrepreneuriaux.

Plusieurs freins, souvent davantage perçus que réels, expliquent cette situation :

  • La question du financement est fréquemment citée, la reprise impliquant un investissement initial parfois plus élevé que lors d’une création ;
  • Une impression de complexité juridique, fiscale ou humaine suscite des appréhensions.

Ces éléments contribuent à détourner certains porteurs de projet, alors même que des dispositifs d’accompagnement existent pour sécuriser les démarches.

Les atouts de la reprise

Reprendre une entreprise permet de s’appuyer sur une base déjà constituée. Le repreneur bénéficie d’une clientèle existante, d’un chiffre d’affaires, d’équipes opérationnelles et d’un modèle économique éprouvé. Cette continuité réduit une partie des incertitudes inhérentes à la phase de démarrage et offre une meilleure visibilité sur l’activité.

Les données disponibles confirment ces avantages :

  • Les entreprises reprises affichent en moyenne des perspectives économiques plus favorables que celles nouvellement créées ;
  • Leur taux de pérennité à trois ans est supérieur, traduisant une plus grande résilience.

La reprise peut donc se présenter comme un levier efficace pour sécuriser un projet entrepreneurial tout en permettant son développement.

Des profils variés de repreneurs

Contrairement à certaines idées reçues, la reprise d’entreprise ne s’adresse pas uniquement à des profils expérimentés. Elle concerne différents types de porteurs de projet :

Entrepreneurs

Les entrepreneurs aguerris trouvent dans la reprise un terrain propice pour mobiliser leur expérience et accélérer le développement d’une activité existante.

Cadres

Les cadres en reconversion y voient une opportunité de donner un nouveau cap à leur carrière en accédant à la direction d’une entreprise déjà structurée.

Salariés

Les salariés peuvent envisager la reprise comme un prolongement naturel de leur parcours, en capitalisant sur leur connaissance de l’entreprise, de ses métiers, de son fonctionnement et de ses clients.

Les jeunes diplômés

Les jeunes diplômés peuvent entreprendre plus rapidement en s’appuyant sur une base solide, sans passer par les incertitudes de la création.

L’action de l’État pour faciliter la transmission-reprise

Face à l’ampleur des enjeux, l’État a engagé une mobilisation collective à travers la Mission Reprise. Cette initiative fédère les principaux acteurs de la transmission-reprise afin de mieux coordonner leurs actions, d’identifier les freins et de proposer des solutions concrètes au service des entrepreneurs.

Coordonnée par la Direction générale des Entreprises (DGE), la Mission Reprise est une initiative portée par le ministère chargé des Petites et moyennes entreprises. Elle rassemble, au sein d’un même réseau, les principaux acteurs publics et privés de la transmission-reprise (CCI, CMA, Bpifrance, experts, réseaux d’accompagnement, organisations professionnelles, etc.).

Son objectif est de rendre la reprise d’entreprise plus simple, plus lisible et plus accessible. Pour cela, la Mission Reprise s’appuie sur un plan d’actions construit par ces acteurs, organisé autour de quatre axes complémentaires : mieux informer et sensibiliser, faciliter la mise en relation entre cédants et repreneurs, identifier et lever les freins existants (financiers, juridiques, fiscaux) et renforcer la coordination des dispositifs sur l’ensemble du territoire.

Une mission dédiée à la transmission-reprise d’entreprises

Organiser la reprise d’une entreprise : les grandes étapes

De la définition du projet à la prise en main de l’activité, le processus de reprise d’entreprise implique une coordination étroite entre repreneur et cédant, dont les démarches, bien que distinctes, sont étroitement liées. Structurer cette transition en amont permet de sécuriser l’opération et de maximiser les chances de réussite, pour les deux parties comme pour l’entreprise elle-même.

Côté repreneur : construire et sécuriser son projet

La reprise d’une entreprise repose sur un parcours structuré :

Construire le projet

Le repreneur doit d’abord définir son projet, en précisant ses motivations, ses compétences et ses critères de recherche. 

 

Identifier et analyser une entreprise

Il identifie une entreprise cible et entre en relation avec le cédant.

Il réalise un diagnostic approfondi pour en étudier le potentiel et les risques éventuels.

 

Sécuriser le projet

Négocier, bâtir un business plan, élaborer le financement, choisir le montage juridique et réaliser les audits vont permettre de monter et sécuriser l’opération.

Finaliser et reprendre l’activité

Signer la reprise, prendre en main l’entreprise et organiser la transition avec le cédant.

Côté cédant : anticiper et organiser la transmission

La réussite de la transmission repose sur une préparation en avance de phase. Le dirigeant doit anticiper la cession, diagnostiquer son entreprise, en évaluer la valeur et identifier un repreneur.

Cette préparation implique également de structurer l’information relative à l’entreprise, de sécuriser les aspects juridiques et financiers, et de rendre l’activité lisible et attractive pour un repreneur. Elle suppose souvent d’engager des ajustements en amont afin de renforcer la solidité et la transmissibilité de l’entreprise.

L’organisation de la passation permet d’assurer le transfert des compétences, des relations commerciales et des savoir-faire. L’accompagnement du repreneur facilite la prise en main de l’activité et contribue à maintenir la confiance des salariés, des clients et des partenaires.

Être accompagné pour réussir

La transmission-reprise mobilise des compétences juridiques, financières et humaines. C’est pourquoi l’accompagnement est un facteur de réussite : il permet d’éclairer les décisions, d’anticiper les risques et de structurer le projet.

En s’entourant des bons interlocuteurs, cédants et repreneurs sécurisent chaque étape et augmentent significativement leurs chances de réussite.

Les acteurs de l’écosystème

Les entrepreneurs peuvent s’appuyer sur un écosystème riche et complémentaire :

  • Les experts-comptables analysent la situation financière et structurent le projet ;
  • Les notaires sécurisent les aspects juridiques de la transmission ;
  • Les chambres de commerce et d’industrie (CCI) et les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) proposent un accompagnement de proximité, depuis la définition du projet jusqu’à sa concrétisation ;
  • Le C.R.A (Cédants et Repreneurs d’Affaires) facilite la mise en relation entre cédants et repreneurs.

À ces acteurs s’ajoutent des réseaux spécialisés, des organisations professionnelles, des structures d’accompagnement (CapCréa de Bpifrance, Initiative France, Réseau Entreprendre, Réseau des Scop et des Scic, etc…) et des acteurs du financement, qui interviennent à différents moments du parcours. Ensemble, ils forment un maillage territorial permettant d’apporter des réponses adaptées à chaque situation.

Les outils et ressources

Des outils facilitent les démarches. Les plateformes de mise en relation permettent d’identifier des opportunités de reprise ou des repreneurs potentiels. Des ressources publiques complètent le parcours, en proposant des informations fiables, des guides pratiques et des points d’entrée vers les dispositifs existants. Ces outils contribuent à rendre la reprise plus accessible, en apportant des repères clairs à chaque étape du projet.

La Mission Reprise propose un guide complet intitulé « Réussir la reprise et la transmission : le guide complet ». Le site Entreprendre.service-public.gouv.fr, porté par la DILA, met également à disposition des dossiers thématiques dédiés ainsi que deux parcours complémentaires : « Je reprends » et « Je transmets », permettant d’accompagner pas à pas les entrepreneurs selon leur situation.

La Banque de France propose sur son site Mes Questions d’Entrepreneur, des ressources et outils pratiques neutres, gratuits, fiables et accessibles. Enfin, pour mettre en relation cédants et repreneurs d’entreprise, la Bourse de la Transmission de Bpifrance constitue aujourd’hui la plateforme de référence.

Expert

Claire Nodenot, Sous-direction du développement des entreprises

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Sujet

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