Portraits de femmes #49 Sabrina Hedroug
Sabrina Hedroug est directrice des programmes à la Mission French Tech, au sein du Service de la compétitivité, de l’innovation et du développement des entreprises (SCIDE) de la Direction générale des Entreprises (DGE).
Quel est votre parcours et pourquoi avoir choisi de venir à la DGE ?
Après mes études à Sciences Po, où le choix de travailler au service de l’intérêt général s’est imposé comme une évidence, j’ai intégré l’Institut régional d’administration (IRA) de Lyon. En 2012, j’ai débuté ma carrière à la préfecture de l’Yonne, d’abord comme adjointe au bureau des étrangers et de la naturalisation, puis comme chargée de mission économie auprès du préfet. Cette première expérience a profondément marqué ma façon de travailler : elle m’a donné le sens du terrain, de l’action concrète et de la proximité avec les usagers et m’a aussi permis de comprendre comment les politiques publiques sont mises en œuvre au quotidien.
Après quatre ans, j’ai intégré la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP), où j’ai été au cœur des projets de modernisation de l’État. J’ai analysé plus de 100 projets de transformation portés par les administrations centrales et déconcentrées dans le cadre du Fonds pour la transformation de l’action publique (FTAP). Cette expérience m’a donné une vision très large des enjeux de transformation de l’État et m’a appris à identifier rapidement les facteurs de réussite d’un projet, mais aussi les risques qui peuvent le fragiliser.
En 2020, j’ai rejoint la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) où j’ai travaillé sur les transformations managériales de l’État durant la crise sanitaire. Participer à ces réflexions dans un contexte aussi inédit a été particulièrement enrichissant.
Au fil de ces expériences, j’ai commencé à m’intéresser à l’impact du numérique comme levier de transformation des organisations, ce qui m’a conduite à rejoindre la Direction interministérielle du numérique (DINUM). J’ai participé au développement du Lab IA et piloté le programme « 10 % », une communauté d’environ 100 experts de l’intelligence artificielle de l’État qui consacraient 10 % de leur temps de travail à des projets d’intérêt commun.
Lorsque j’ai rejoint la Mission French Tech en 2024, en tant que responsable du programme « Je choisis la French Tech », j’y ai retrouvé ce qui m’anime depuis le début de ma carrière : accompagner des transformations, soutenir les talents et contribuer à faire émerger de nouvelles façons de faire. Un an plus tard, j’ai pris le poste de directrice du pôle programmes.
Dites-nous en plus sur votre poste actuel et vos missions.
J’encadre aujourd’hui une équipe de six collaborateurs et je porte trois programmes nationaux qui, malgré leurs thématiques différentes, poursuivent une ambition commune : encourager de nouveaux réflexes au sein de l’écosystème économique et de l’innovation.
- Le programme « Je choisis la French Tech » vise à rapprocher les start-ups françaises des acheteurs publics et privés afin de faciliter l’adoption de solutions innovantes développées en France.
- Le programme « French Tech Tremplin » agit en faveur de la diversité dans l’entrepreneuriat en accompagnant des talents issus de parcours ou de territoires encore sous-représentés dans l’écosystème.
- Le programme sur les « Exits » qui contribue à faire évoluer le regard porté sur les opérations de rachat de start-up, qui peuvent aussi constituer un levier de croissance, de diffusion de l’innovation et de création de valeur.
Qu’il s’agisse d’encourager de nouvelles pratiques d’achat, de promouvoir la diversité ou de faire évoluer certaines représentations, l’enjeu est toujours d’accompagner un changement durable.
Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre fonction ? À la DGE ?
Ce que j’apprécie le plus, c’est la diversité des sujets et des interlocuteurs. J’ai toujours aimé les environnements où il faut créer des passerelles entre des mondes différents. À la Mission French Tech, nous sommes précisément à la rencontre de deux univers qui ont beaucoup à s’apporter mutuellement : le secteur public et le secteur privé. Je suis convaincue que chacun peut apprendre de l’autre, qu’il s’agisse des méthodes de travail, de la capacité d’innovation ou de la conduite du changement. J’apprécie également le fait de pouvoir travailler avec des profils très variés, au sein de mon équipe comme dans l’écosystème que nous accompagnons. Cette diversité est une source permanente d’enrichissement.
La DGE est une direction qui investit dans ses talents. Les agents bénéficient d’une hiérarchie, à tous les niveaux, attentive et soutenante, qui encourage le développement des compétences, la prise de responsabilités et l’évolution professionnelle. Des initiatives comme DG’Elles ou Potenti’Elles témoignent également de cette attention portée aux parcours des agents.
Un conseil aux femmes qui liront votre portrait ?
Je leur dirais de ne s’interdire aucune opportunité sous prétexte qu’elles ne se sentent pas légitimes. Lorsque je regarde mon parcours, rien ne me destinait à travailler sur des sujets aussi différents que le droit des étrangers, le développement économique, la transformation publique, les ressources humaines de l’État, l’intelligence artificielle ou encore le soutien aux start-ups. Pourtant, chaque expérience a enrichi la suivante. Ce n’est jamais le fait d’être une femme qui a guidé mes choix, mais l’envie d’aller vers des projets où je sentais que je pouvais faire bouger les choses. Je crois qu’il est important de rester fidèle à ce qui nous motive profondément. N’ayez pas peur d’être vous-mêmes, avec votre parcours, vos singularités et votre regard sur les choses, ce sont souvent ces différences qui deviennent une force.
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