Actualisation du plan Deeptech : relever le défi du passage à l’échelle
Conçu comme une stratégie de consolidation, ce plan doit permettre d'amplifier la transformation de la recherche en force productive, de bâtir des acteurs industriels souverains et de faire de l'innovation de rupture une vraie arme de compétitivité.
Lancé en 2019 par l’État, le premier plan Deeptech portait l’ambition de faire de la France une nation d’innovation en repoussant la frontière technologique. Alors que la France a réussi à faire émerger et structurer un écosystème solide, elle doit désormais transformer les promesses scientifiques en réussites industrielles durables. C’est le sens de l'actualisation de ce plan Deeptech, qui s’inscrit comme une stratégie de consolidation et de projection.
Les trois axes du plan Deeptech actualisé
Le plan s’appuie sur trois grands axes, composés d’une cinquantaine d’actions de court terme et d’orientations :
- Accélérer le passage du « labo à l’usine » : lever les verrous systémiques qui freinent l’émergence des start-ups deeptech. La France dispose d’un capital scientifique de rang mondial. Elle peut encore davantage transformer les résultats de recherche en solutions industrielles.
- Répondre à un besoin de financement de 30 milliards d’euros d’ici 2030 : la montée en puissance de l’écosystème deeptech et le défi du passage à l’échelle nécessitent des volumes de financement inédits, du fait de leur intensité capitalistique et des délais de développement longs. Sans injection massive de capitaux dans les phases de croissance et d’industrialisation, la France risque de voir partir à l’étranger ses technologies les plus prometteuses ou de perdre la bataille de l’échelle.
- Accélérer la transition des start-ups deeptech vers des entreprises industrielles compétitives ayant trouvé leur marché : le défi du passage à l’échelle implique une montée en puissance de ces entreprises dans leur écosystème industriel. Les deeptech deviennent à terme des entreprises normalisées, intégrées dans leur chaine de valeur industrielle.
Quelles ambitions pour la deeptech française d’ici à 2030 ?
À horizon 2030, ce plan vise à atteindre les objectifs suivants :
- la réduction des délais de négociation du transfert technologique à 6 mois maximum ;
- une capacité de financement amplifiée et sur des stades plus matures, au moins 30 milliards d’euros de financement public et privé seront nécessaires entre 2025 et 2030 ;
- un chiffre d’affaires global de l’écosystème deeptech supérieur à 15 milliards d'euros en 2030 et la création de 100 000 emplois directs dans les entreprises deeptech.
Les objectifs établis par le plan de 2019 sont par ailleurs maintenus : 500 créations annuelles de start-ups deeptech (près de 400 en 2024) et 10 licornes deeptech (12 en 2024).
Télécharger le dossier de présentation complet du plan Deeptech
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La deeptech, qu’est-ce que c’est ?
On parle de deeptech, ou technologies de rupture issues de la recherche, pour désigner des innovations fondées sur des avancées scientifiques ou technologiques majeures. Contrairement aux innovations d'usage ou de service, elles reposent souvent sur des années, voire des décennies, de recherche fondamentale et appliquée avant d'aboutir à des applications industrielles ou commerciales.
L'histoire de l'innovation est jalonnée de ces technologies de rupture. Par exemple, les premiers panneaux solaires ont ainsi été rendus possibles par la découverte en France, au XIXe siècle, de l'effet photoélectrique puis par la mise au point, en laboratoire dans les années 1950, des premières cellules photovoltaïques. Aujourd'hui, le développement opérationnel des ordinateurs quantiques s'appuie sur plusieurs décennies de recherche en physique quantique, en informatique et en électronique.
Parce qu'elles nécessitent des investissements importants, des cycles de développement plus longs et comportent davantage de risques technologiques et industriels, les entreprises deeptech font face à des défis spécifiques. Mais elles sont aussi porteuses de transformations économiques, industrielles et stratégiques majeures : santé, énergie, intelligence artificielle, quantique, spatial, défense ou encore nouveaux matériaux. C'est pourquoi le soutien public joue un rôle essentiel : accompagner l’émergence de ces technologies, accélérer leur passage à l'échelle et permettre à la France et à l'Europe de conserver leur souveraineté dans les secteurs les plus stratégiques de demain
Les chiffres clés du premier plan Deeptech
20 milliards d'euros
de levées de fonds des entreprises deeptech depuis 2019
1er
écosystème de l’Union européenne en levées de fond
50 000
emplois directs, à forte valeur ajoutée
150
sites industriels
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