Plan national de résilience « Terres rares et aimants permanents » : renforcer la souveraineté industrielle et sécuriser les approvisionnements
Le plan national de résilience « Terres rares et aimants permanents » a pour objectif de sécuriser les approvisionnements et de structurer une filière industrielle stratégique pour réduire la dépendance de la France en métaux critiques et renforcer sa souveraineté industrielle.
Les terres rares et les aimants permanents sont au cœur des enjeux industriels et énergétiques. Dans un contexte de production très concentrée au niveau mondial et de tensions croissantes sur les approvisionnements, la France met en place une stratégie pour sécuriser ses ressources et reconstruire une chaîne de valeur complète sur son territoire.
Terres rares et aimants permanents
Terres rares : des métaux au cœur des technologies modernes
Les terres rares désignent un ensemble de métaux aux propriétés magnétiques et électroniques, indispensables au fonctionnement de nombreuses technologies. Utilisées dans les moteurs électriques, les éoliennes ou encore les équipements électroniques, elles jouent un rôle central dans la transition énergétique et numérique.
Aimants permanents : un composant clé de l’électrification
Les aimants permanents sont des composants capables de générer un champ magnétique sans apport d’énergie. Les plus performants, fabriqués à partir de terres rares, sont essentiels à la production de moteurs électriques compacts et efficaces, notamment dans les véhicules électriques et les éoliennes.
Présenté le 5 mai 2026, le plan national de résilience « Terres rares et aimants permanents » répond à ces défis en articulant soutien à l’offre, mobilisation de la demande et coopération internationale.
Une stratégie de résilience face à des dépendances critiques
Les terres rares et les aimants permanents occupent une place centrale dans de nombreuses technologies essentielles, notamment les moteurs électriques, les éoliennes ou encore les équipements électroniques. À ce jour, les chaînes d’approvisionnement sont exposées à des risques importants de tensions géopolitiques, de restrictions d’exportation ou de volatilité des prix.
85 %
des capacités mondiales de séparation des terres rares sont concentrées sur un seul pays
Dans ce contexte, le plan national de résilience répond à un impératif de réduction de la dépendance extérieure tout en accompagnant la transition énergétique et la réindustrialisation. L’objectif est de reconstruire une filière française et européenne complète, conciliant souveraineté industrielle, exigences environnementales et retombées économiques pour les territoires.
Structurer une chaîne de valeur complète sur le territoire
Le plan national de résilience prévoit le développement de capacités sur l’ensemble de la chaîne de valeur des aimants permanents, depuis la séparation des terres rares jusqu’à la fabrication d’aimants.
Des objectifs industriels structurants à l’horizon 2030
Couverture des besoins européens
L’objectif est de couvrir 100 % des besoins européens en terres rares lourdes et 25 % des besoins en terres rares légères.
Production de terres rares
L’État ambitionne de produire des alliages de terres rares à hauteur d’environ 10 % des besoins de l’industrie européenne.
Production d’aimant permanents
L’État soutient le développement d’une production d’aimants permanents, notamment issus du recyclage.
Pour aller dans ce sens, des projets industriels sont déjà engagés, notamment à Lacq (Pyrénées-Atlantiques), La Rochelle et Grenoble. Ils permettent de reconstituer progressivement des capacités industrielles, inexistantes en France et très limitées en Europe il y a encore quelques années.
Le rôle clé du recyclage et de l’innovation
Le développement d’une filière de recyclage est un levier majeur du plan national de résilience. La production d’aimants permanents recyclés, notamment à partir de déchets existants, doit contribuer à sécuriser l’approvisionnement tout en réduisant l’empreinte environnementale.
Parallèlement, l’État soutient le développement d'alternatives technologiques limitant l’usage de terres rares, en particulier dans l’industrie automobile.
Sécuriser les approvisionnements et mobiliser les acteurs économiques
Plusieurs dispositifs sont prévus pour soutenir les investissements et sécuriser les approvisionnements :
- prolongation et simplification du crédit d’impôt pour l’industrie verte jusqu’en 2028 ;
- mobilisation de France 2030, avec déjà près de 40 projets soutenus pour environ 330 millions d’euros d’aides publiques ;
- renforcement de la garantie des projets stratégiques pour faciliter le financement de projets miniers.
Un fonds d’investissement dédié aux métaux critiques, doté à terme de 2 milliards d’euros, contribuera également à financer des projets en France et à l’international.
Une mobilisation de la demande industrielle
Le plan agit sur l’offre mais aussi sur la demande en mettant en place des mesures pour encourager l’utilisation d’aimants européens. Dans ce but, le secteur de l’éolien en mer devra diversifier ses approvisionnements en se dotant de moins de 50% d’aimants permanents issus du pays dominant à l’échelle mondiale. De même, certaines entreprises auront pour obligation de formaliser des plans de diversification des approvisionnements.
Une démarche inscrite dans un cadre européen et international
Le plan national s’inscrit dans une dynamique de coopération européenne et internationale. La France a ainsi signé plus de 20 accords bilatéraux de coopération avec des pays miniers et industriels, afin de sécuriser ses approvisionnements en terres rares et d’accompagner le développement de projets industriels à l’international.
Dans ce cadre, la présidence française du G7 fait du renforcement des chaînes de valeur des métaux stratégiques une priorité. Les travaux engagés ciblent une diversification des sources d’approvisionnement, un renforcement de la transparence et de la traçabilité, et la promotion de pratiques durables, en lien étroit avec les pays producteurs et consommateurs.
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