Une IA sûre, ouverte et de confiance, vecteur d’opportunités et de compétitivité pour nos entreprises dans un monde en accélération
L’intelligence artificielle transforme rapidement l’économie mondiale. Pour en faire un levier de compétitivité durable au service des entreprises et de la souveraineté numérique, il est essentiel de promouvoir innovation, confiance et ouverture.
La diffusion rapide de l’intelligence artificielle marque un tournant dans la transformation numérique. Face à cette mutation, les entreprises doivent renforcer leur capacité à intégrer rapidement les nouvelles technologies.
Afin de les accompagner dans l’adoption de l’IA, il est nécessaire de construire les conditions de la confiance. La présidence française du G7 a fait de la sécurité de l’IA et de l’adoption de l’IA des priorités majeures, en favorisant l’alignement des pays autour de principes et valeurs communes.
Renforcer l’adoption de l’IA par les entreprises, un enjeu de compétitivité dans un monde en accélération technologique
Les technologies d’IA, notamment génératives, permettent d’obtenir des gains de productivité significatifs dans l’ensemble des secteurs économiques : industrie, services, finance, santé et commerce. Leur diffusion est facilitée par la baisse des coûts d’accès et la disponibilité croissante des outils numériques.
Selon le Baromètre du numérique publié par l’ANCT, l'ARCEP, l'ARCOM et le CGE (édition 2026), 48 % des Français utilisent l’IA, et l’utilisation des outils numériques dans les entreprises et les administrations s’intensifie, créant un environnement favorable à l’IA.
Adoption de l’IA par les grandes entreprises
Les grandes entreprises ont, pour une large part, intégré l’intelligence artificielle au sein de leurs processus opérationnels et décisionnels. L’IA contribue notamment à optimiser les chaînes de production et de logistique, à automatiser certaines fonctions de relation client, à exploiter des volumes importants de données à des fins d’aide à la décision, et à accélérer les cycles d’innovation.
40 %
des grandes entreprises utilisent déjà des solutions d’IA (Baromètre du numérique 2026)
Adoption de l’IA par les PME et ETI
Pour les PME et les ETI, l’adoption de l’intelligence artificielle est un enjeu capital, alors que certaines entreprises n’ont pas encore réussi à s’en emparer, faute de moyens humains et financiers plus limités, qui rendent plus difficile le recrutement ou la mobilisation de profils spécialisés, aujourd’hui rares et demandés. Selon l’édition 2025 du baromètre France Num, seules 26% des entreprises de moins de 250 salariés ont adopté l’IA.
Le plan national « Osez l’IA », lancé en juillet 2025 par le Gouvernement, vise à lever ces freins en proposant des outils concrets et un réseau d’ambassadeurs. Ils contribuent à faire entrer cette technologie dans le quotidien des entreprises en partageant leur expérience de l’IA dans leur métier, leur secteur ou leur région.
Open source et accélération de la diffusion
L’IA open source favorise une diffusion rapide de l’innovation. Elle permet un partage des connaissances, une amélioration continue des solutions et une plus grande transparence dans le fonctionnement des systèmes. Ces approches facilitent l’appropriation des technologies d’IA par un plus grand nombre d’acteurs, en limitant les dépendances à des solutions propriétaires.
L’IA open source
Appliqué à l’intelligence artificielle, l’open source désigne un cadre précis d’ouverture des modèles et des systèmes d’IA. Cette ouverture permet à des chercheurs, entreprises ou développeurs de les utiliser, les modifier et les améliorer librement, favorisant ainsi la transparence, l’innovation collaborative et la diffusion des technologies d’IA.
Construire le cadre d’une IA de confiance
La fiabilité des systèmes d’IA est une condition essentielle à leur utilisation. Elle repose sur la capacité des modèles à produire des résultats robustes dans des situations variées, y compris dans les usages les plus sensibles.
Le Hiroshima AI Process
Le Hiroshima AI Process (HAIP) est un cadre de gouvernance volontaire de l’IA, lancé sous présidence japonaise du G7 en 2023 et administré par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il repose sur un code de conduite pour les développeurs de systèmes d’IA avancés, agréé par l’ensemble des membres du G7.
Évaluer et sécuriser les systèmes d’IA
En France, l’Institut national pour l’évaluation et la sécurité de l’intelligence artificielle (INESIA), créé en 2025, structure une capacité publique d’expertise sur l’évaluation et la sécurité des IA avancées. Il fédère des compétences techniques pour analyser les comportements des systèmes, développer des méthodes d’évaluation, appuyer la mise en œuvre du cadre réglementaire et contribuer à la maîtrise des risques systémiques.
Le Règlement IA
Le Règlement IA est le premier texte juridiquement contraignant au monde en matière de gouvernance de l’IA. Il vise à promouvoir l’adoption d’une IA innovante, de confiance tout en garantissant un niveau élevé de protection de la santé, de la sécurité et des droits fondamentaux. Il ne vise pas à réguler la technologie en elle-même, mais à poser des règles en fonction du niveau de risque que peuvent poser les systèmes d’IA.
En France, le schéma de gouvernance IA désigne des autorités compétentes qui seront chargées de la mise en œuvre des obligations du règlement, afin de garantir la création d’un cadre de confiance pour l’émergence de l’IA, protecteur de ses utilisateurs et favorable à l’innovation.
Protéger l’intégrité de l’information
La génération à grande échelle de contenus synthétiques (images, textes, vidéos, audio) constitue un défi majeur pour la confiance dans les usages numériques. Elle peut faciliter des campagnes de manipulation de l’information ou la production de contenus illicites. Ces usages fragilisent la confiance des citoyens et des entreprises dans l’environnement numérique.
La détection des contenus générés par IA constitue une réponse technique prioritaire. Le marquage des contenus synthétiques, visible à l’œil nu ou lisible par la machine, contribue à cette traçabilité. Le règlement IA prévoit des obligations ambitieuses en la matière.
Le G7 numérique : vers l’adoption d’une IA sûre, ouverte et de confiance par le plus grand nombre
Dans un contexte où les défis liés au numérique sont par nature mondiaux, le G7 constitue un cadre privilégié pour élaborer des principes communs et des standards partagés. Il réunit sept des principales puissances économiques et technologiques mondiales (France, États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Italie), auxquelles s’ajoute l’Union européenne, qui représente la voix de ses 27 États membres. Les initiatives portées au G7 nourrissent ensuite les travaux d’autres enceintes multilatérales et contribuent à structurer des approches internationales durables.
Ce partage d’expériences permet d’identifier des approches efficaces dans la mise en œuvre des politiques publiques, de renforcer la convergence des pratiques et de favoriser un apprentissage collectif entre les pays participants. Il contribue ainsi à l’émergence de cadres d’action plus cohérents et à une meilleure lisibilité pour les acteurs économiques.
Sous présidence française, le G7 numérique a structuré ses travaux autour de quatre priorités :
- garantir une IA sûre au service du bien commun ;
- accélérer l’innovation et la diffusion de l’IA dans l’économie ;
- concilier résilience et durabilité dans le secteur numérique ;
- protéger les mineurs en ligne.
Les travaux sont conduits par la DGE, en lien avec les ministères concernés, dans le cadre de réunions successives du groupe de travail Digital & Tech, dont la dernière séance ministérielle se tiendra le 29 mai 2026. Ce travail collectif contribue à limiter les risques de fragmentation des approches et à créer un environnement plus lisible pour les acteurs économiques qui opèrent à l’international.
Expert
Armand Lacombe et Olésia Ved, Direction de projet IA
Secteur
Sujet
-
Intelligence artificielle