Cybersécurité : subventions et accompagnements publics pour sécuriser son entreprise

Toutes les entreprises sont exposées aux cyberattaques, aux vols de données ou encore aux « rançongiciels ». Pour les anticiper, des diagnostics gratuits, des aides locales, des formations ou encore des référentiels publics permettent d’évaluer les risques et de financer des actions.

Publié le : 03 Nov 2026
Temps de lecture : 8 min
Femme de dos devant un ordinateur qui se connecte grâce à la double authentification de son téléphone
© ArtistGNDphotography - GettyImages

Une messagerie compromise, un mot de passe volé, une faille non corrigée chez un prestataire ou un logiciel malveillant peuvent bloquer la production, rendre des données indisponibles, provoquer une fraude ou fragiliser la confiance des clients. Et ce type d’attaque informatique ne vise pas seulement les grandes entreprises.

Pour réduire les risques, les entreprises peuvent s'appuyer sur plusieurs services publics. Certains sont gratuits, d'autres financent une partie d'un diagnostic, d'un accompagnement ou d'investissements.

Une menace élevée pour les entreprises

3 586

événements de sécurité traités par l’ANSSI en 2025, dont 1 366 incidents confirmés.

128

compromissions par rançongiciel comptabilisées en 2025.

Source : Panorama de la cybermenace 2025 de l'ANSSI

Une cyberattaque peut interrompre une chaîne de production, bloquer un outil de gestion, perturber les commandes ou atteindre un équipement connecté. Elle peut également entraîner des pertes de données, des coûts de remise en état, des pertes financières, voire une atteinte à la réputation de l’entreprise. Les relations avec les fournisseurs, les sous-traitants, les prestataires informatiques et les services dans le cloud élargissent aussi les points d’entrée possibles et peuvent favoriser la propagation d’une attaque.

Dans le baromètre CESIN 2026, 40 % des entreprises interrogées déclarent avoir subi au moins une cyberattaque significative en 2025. 81 % des entreprises victimes signalent par ailleurs que cela a eu un impact sur leur activité.

Le baromètre 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr indique que 80 % des TPE et PME interrogées reconnaissent ne pas être préparées ou ne pas savoir si elles le sont. Le manque de connaissances, le budget et le temps disponible sont les trois freins les plus souvent cités.

Le rançongiciel

Un rançongiciel également dénommé « ransomware » est un logiciel malveillant. Destiné à bloquer un ordinateur ou à chiffrer des fichiers, il a pour but d’exiger le paiement d’une rançon en échange du déblocage.

Les entreprises de taille intermédiaire, les petites et moyennes entreprises (PME) et les très petites entreprises (TPE) demeurent particulièrement exposées à certaines formes de cybercriminalité. Selon le Panorama de la cybermenace 2025[1] de l’ANSSI, les PME, TPE et entreprises de taille intermédiaire (ETI) constituent ainsi la première catégorie de victimes de rançongiciels recensées par l’Agence en 2025, représentant 37 % des victimes.

Mettre en place des mesures utiles pour lutter contre les cyberattaques

La cybersécurité ne repose pas seulement sur des outils. Il faut d’abord identifier ce qui doit être protégé, corriger les principales faiblesses et prévoir comment poursuivre l’activité en cas d’attaque. 

La première démarche consiste à identifier cinq actions prioritaires :

Identifier les activités, outils et données critiques

Repérer les outils indispensables à la production, facturation, achats, ressources humaines et relation client.

Renforcer les accès

Utiliser des mots de passe uniques et robustes, opter pour un gestionnaire de mots de passe et l’authentification à plusieurs facteurs pour les messageries, comptes administrateurs et accès à distance.

Mettre à jour et sauvegarder

Appliquer régulièrement les mises à jour de sécurité, corriger rapidement les vulnérabilités identifiées et réaliser des sauvegardes régulières, isolées du système principal et testées périodiquement.

Préparer la réaction

Définir à l’avance les rôles et les actions à mener en cas d’incident, ainsi que les modalités de gestion de crise, de signalement et de dépôt de plainte.

Prévoir également les modalités de poursuite de l’activité en mode dégradé et de retour à la normale, à travers un plan de continuité et de reprise d’activité (PCA/PRA).

Sécuriser les relations avec les tiers

Maitriser les accès des fournisseurs, prestataires et autres tiers. 

Vérifier les clauses de sécurités des contrats, les conditions de sauvegarde et les modalités de restitution des données.

Quels accompagnements et quelles aides mobiliser ?

Plusieurs dispositifs publics permettent aux entreprises d’évaluer leur niveau de protection, de se former et de trouver les bons interlocuteurs.

Former et sensibiliser les salariés

Quelles aides pour financer son projet ?

Il n’existe pas de subvention nationale unique accessible à toutes les entreprises. Les aides varient selon le territoire, la taille de l’entreprise, son secteur d’activité et la nature du projet.

Elles peuvent notamment financer un diagnostic ou une prestation de conseil, une formation, l’achat de solutions de cybersécurité ou la mise en œuvre d’un plan de sécurisation. Les entreprises peuvent bénéficier :

  • d’aides régionales ou locales, sous la forme d’une subvention, d’un chèque numérique ou d’un diagnostic cofinancé ; 
  • d’un accompagnement proposé par un pôle européen d’innovation numérique, ou EDIH ; 
  • de programmes territoriaux spécialisés, comme CYBIAH en Île-de-France. 

Les conditions d’accès, les dépenses prises en charge et le montant des aides varient selon les dispositifs.

 Le moteur de recherche France Num identifie les aides proposées par l’État, les régions et les collectivités.

MesServicesCyber recense les financements consacrés à la cybersécurité.

Comment choisir un prestataire cyber ?

L’obtention d’une aide financière ne garantit pas la qualité du prestataire. Avant de s’engager, l’entreprise doit définir clairement son besoin, comparer les offres et vérifier l’expérience du professionnel.

Le devis ou le contrat doit préciser les résultats attendus : un rapport de diagnostic, une liste des principaux risques, un plan d’action classé par ordre de priorité, une estimation des coûts, un calendrier de mise en œuvre et les modalités de suivi.

Le contrat doit préciser les règles de confidentialité et de protection des données, les accès accordés au prestataire, le recours éventuel à des sous-traitants, les délais d’intervention et les responsabilités de chacun. Il doit aussi prévoir les conditions de fin de contrat, notamment la restitution des données et la suppression des accès.

Plusieurs ressources publiques peuvent aider à choisir un prestataire :

De nouveaux outils à venir pour aider les entreprises

Le futur portail national de la cybersécurité du quotidien, piloté par le GIP ACYMA-Cybermalveillance.gouv.fr avec les services de l'État, doit rassembler des informations sur la prévention, la formation, l'assistance aux victimes et l'orientation vers les acteurs locaux. Son ouverture est prévue pour 2027.

Une cartographie des acteurs publics et parapublics de la cybersécurité sera prochainement disponible. Pilotée par la DGE en lien avec les Services économiques de l’État en région (SEER), elle recensera plus de 130 acteurs nationaux et régionaux, intervenant dans l’accompagnement des entreprises en matière de cybersécurité. Cette cartographie facilitera l’identification des interlocuteurs et des dispositifs adaptés aux besoins des entreprises, notamment des TPE, PME et ETI, en tenant compte de leur implantation territoriale.

Expert

Aminata Sene (Sous-Direction des réseaux et des usages numériques)

Secteur

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