Les premiers lauréats du dispositif de soutien à la production d'hydrogène décarboné
Le Gouvernement a dévoilé les trois lauréats de la première vague de l'appel d'offres de soutien à la production d'hydrogène décarboné par électrolyse. Ces projets seront soutenus à hauteur de 778 millions d'euros et permettront le déploiement de 161,4 MW de capacités d'électrolyse.
La Stratégie nationale hydrogène doit contribuer à atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050, dans le respect des engagements européens et internationaux de la France. Le dispositif de soutien à la production d'hydrogène décarboné s'inscrit dans le cadre de cette stratégie.
À la suite du lancement de l'appel d'offres en décembre 2025, six offres ont été déposées. Trois projets ont été retenus au terme de cette première vague.
Hydrogène décarboné : quels sont les premiers lauréats du mécanisme de soutien ?
Les projets retenus seront soutenus à hauteur de 778 millions d'euros sur quinze ans.
Découvrir les lauréats
HydroZère est un projet d'électrolyseur de 5 MW porté par Engie Solutions H2. Le projet sera implanté à Saint-Chély-d'Apcher (48) en lien avec le site industriel existant d'Arcelor Mittal qu'il alimentera en hydrogène électrolytique bas carbone. Les volumes d'hydrogène décarboné produits par cet électrolyseur seront destinés à remplacer un usage existant d'hydrogène aujourd'hui produit par vaporeformage de méthane. Cette bascule de l'hydrogène produit à partir de méthane vers de l'hydrogène électrolytique permettra, grâce au mix électrique peu émetteur français, de réduire les émissions de gaz à effet de serre liés à l'approvisionnement en hydrogène du site. Concrètement, l'hydrogène produit alimentera le four de recuit du sidérurgiste pour effectuer des traitements de surface des aciers permettant d'obtenir une finition propre et brillante, et empêcher la formation d'oxydes pendant les traitements thermiques.
eM-Rhône est un projet situé à Salaise-sur-Rhône (38) et porté par la PME industrielle française active dans le secteur de l'hydrogène décarboné et des carburants de synthèse Elyse Energy. Il s'agit d'un projet intégré de production de méthanol. Le méthanol sera synthétisé à partir d'hydrogène et de dioxyde de carbone. La production de l'installation sera destinée aux secteurs de la chimie et du transport, le méthanol pouvant entre autres servir de carburant pour les navires, de précurseur pour la production de carburant de synthèse pour l'aérien ou encore dans la chimie. Ces composés sont utilisés pour la fabrication de produits divers, tels que des peintures, plastiques, adhésifs ou encore détergents.
L'installation produira son méthanol grâce à l'hydrogène produit par un électrolyseur d'une puissance de 210 MW et de dioxyde de carbone capté sur la cimenterie de Lafarge du Teil. Seule la partie du projet qui correspond aux volumes vendus pour des usages autres que la production de carburants de synthèse est aidée dans le présent dispositif de soutien. Cela correspond à 61,1 MW d'électrolyse. Cette capacité d'électrolyse permettra de produire 50 000 tonnes de méthanol par an, soit 750 000 tonnes sur la durée du soutien. Le reste de l'installation n'était pas éligible au mécanisme de soutien puisque les usages de l'hydrogène dans le transport font l'objet d'autres dispositifs de soutien.
Le projet FertHySomme est porté par la société FertigHy, qui prévoit d'installer un électrolyseur de 200 MW à Languevoisin-Quiquery (80) au sein d'une usine nouvelle de production d'engrais azotés bas-carbone. L'hydrogène produit servira directement d'intrant pour la synthèse de l'ammoniac, avant sa transformation en ammonitrates. Au-delà de contribuer à installer une activité industrielle nouvelle dans l'hexagone, ce projet contribuera directement à renforcer significativement la souveraineté française en matière de production d'engrais. Il permettra en outre de conforter la place de la France dans la production d'engrais bas-carbone, en lien avec les objectifs poursuivis de réduction de l'impact environnemental lié aux pratiques agricoles.
Avec ce projet, premier du type sur le territoire, c'est une part de l'émancipation de l'agriculture en France qui s'initie.
La première relève de cet appel d'offres permet de soutenir le projet sur un périmètre de 95,3 MW sur les 200 MW de l'installation future.
Pour les projets eM-Rhône et FertHySomme, le soutien public accordé dans le cadre de cette première vague porte uniquement sur une partie de leur capacité électrolytique totale.
Ces projets permettront le déploiement de 161,4 MW de capacités d'électrolyse, première étape vers l'objectif national d'environ 1 GW de capacité installée.
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