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Le tourisme littoral

La France dispose de 5 500 km de côtes sur les trois façades maritimes, réparties sur 883 communes en bord de mer, lagunes ou étangs salés. S’il ne représente que 4 % du territoire, le littoral concentre  néanmoins 36 % des résidences secondaires (5 millions de lits) et 40 % des lits touristiques, avec toutefois une forte variabilité de l’offre selon les façades. En haute saison, cette densité d’hébergements multiplie la population permanente de certaines communes de deux à six fois. 473 ports de plaisance représentant 225 000 places à flot permettent d’organiser de nombreuses activités nautiques. Enfin, 5000 km de chemins de randonnée et 3 000 km d’itinéraires vélos complètent l’offre touristique de ces territoires.

Première destination touristique avec 118 millions de nuitées en 2017 (38,5 % de l’ensemble des nuitées) et 22,2 % des voyages, le tourisme dans les stations littorales est globalement stable. Il génère environ 250 0000 ETP, dont les deux tiers dans l’hôtellerie et la restauration et 2800 pour la plaisance.

Conscients du poids du tourisme pour leur économie locale, de nombreuses communes du littoral consentent des investissements importants pour entretenir et valoriser leurs espaces côtiers. La préservation du trait de côte, la réhabilitation et la commercialisation de l’immobilier de loisir, l’accroissement de capacités portuaires et la diversification des activités balnéaires sont aujourd’hui des enjeux majeurs pour le tourisme des stations littorales françaises. Les collectivités mettent également en place des actions de prévention des risques (aménagements, entretien et surveillance des plages, certification du système de gestion de la qualité des eaux de baignade) avec le soutien de l’Etat. Ces initiatives sont relayées par les campagnes gouvernementales de surveillance sanitaire et d’information sur la qualité des eaux et la sécurité des loisirs nautiques.

La plaisance en mer et le nautisme

On dénombrait en août 2017 plus d’un million de bateaux de plaisance immatriculés, dont 75 % à moteur et, pour les trois quarts, d’une longueur inférieure à six mètres, naviguant principalement sur la méditerranée (24 %) et en Bretagne (24 %). 9 millions de personnes pratiquent la plaisance de façon occasionnelle et 4 millions sont des plaisanciers réguliers. Celle-ci se décline en de multiples activités qui enrichissent l’offre touristique côtière : location de bateaux, pêche en mer organisée, régates, stages, excursions, vieux gréements, activités qui attirent de plus en plus d’adeptes. Il manquerait ainsi aujourd’hui 50 000 anneaux d’amarrage dans les ports pour satisfaire la demande des plaisanciers.

Face à cette pénurie, en regard du coût et de la complexité pour créer de nouveaux sites d’amarrage sur le littoral, les ports de plaisance ont été inclus en 2016 dans l’appel à projets « industrie et agriculture éco-efficientes » du Programme d’Investissements d’Avenir qui doit permettre de faciliter l’extension ou la modernisation des ports existants. Par ailleurs, en 2017, la Fédération Française des Ports de Plaisance, en collaboration avec le ministère en charge du tourisme, ont élaboré un référentiel « Qualité Plaisance »,  pour accroître l’attractivité des ports. Son obtention est une garantie de service et constitue une première étape pour celle du label d’Etat « Qualité tourisme ». Peuvent ainsi être distinguées les stations dont le port offre le meilleur accueil aux plaisanciers.

Les croisières maritimes

La France est présente sur 32 destinations de croisières maritimes, offrant 96 ports et sites d’escales dans le monde. Le secteur se porte bien : en 2017, on a dénombré 5,34 millions de passagers en escales ou en transit dans les destinations françaises (+3,8 %), dont 2,2 en Outre-mer. Le nombre de passagers en tête de ligne, stable ces dernières années, est en revanche en recul (788 000 passagers soit -11,7 %), recul qui s’explique en partie par le départ de « Croisière de France » du terminal de Calais. Les départs depuis les ports ultramarins ont quant à eux continué de croître (+ 3,5%, soit + 10 000 passagers).

La Méditerranée reste la première destination croisière française et Marseille l’escale la plus fréquentée de France, en transit (1,07 million de passagers) comme en tête de ligne (415 000 passagers). La destination Atlantique progresse régulièrement, portée par les ports du Havre, de Cherbourg et de La Rochelle. Il en est de même dans les Caraïbes, Fort-de-France (+ 46 %) et Pointe-à-Pitre (+ 19,5%) se positionnant respectivement à la troisième et seconde place des ports de départ après Marseille.

En croissance régulière depuis dix ans, le marché européen de la croisière a progressé de 2,5 % en 2017, avec comme leaders l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Irlande. Ainsi, malgré ses bons résultats et ses nombreuses façades maritimes, la France n’occupe que le 4ème rang de ce classement, tant pour les embarquements que pour les escales. Ses infrastructures portuaires sont en effet souvent en dessous des normes mondiales et inadaptées au « gigantisme » des bateaux de croisières ainsi qu’aux exigences des clientèles en matière de services et d’accueil. Par ailleurs, l’intermodalité entre ports et aéroports est insuffisante, notamment pour les têtes de ligne, ce qui détourne les grands croisiéristes des mouillages français, au profit de l’Italie ou de l’Espagne.

Point sur la réglementation

Les concessions de plage

La loi n° 86-2 du 3 janvier 1986 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral dite « loi Littoral » a instauré comme principe le fait que « l'usage libre et gratuit par le public constitue la destination fondamentale des plages, dans le souci de garantir le libre accès aux plages, l’attractivité des bords de mer et d’assurer la protection du patrimoine naturel et des paysages. »

Sur ce fondement, le décret n° 2006-608 du 26 mai 2006 relatif aux concessions de plage a établi de nouvelles règles permettant à l'Etat d'accorder sur le domaine public maritime des concessions de plage :

  • limitation du taux d’occupation à 80% du linéaire et de la surface de chaque plage naturelle sans installation (50% pour les plages artificielles) ;
  • obligation de démontage des installations en fin de concession pour garantir le respect du caractère inaliénable et imprescriptible du domaine public maritime naturel de l'État ;
  • durée maximale d'occupation de la plage de six mois. Cette durée peut être étendue à huit mois dans les stations classées et à douze mois dans les stations classées justifiant de l'ouverture, par jour en moyenne, de plus de 200 chambres d'hôtels classés entre le 1er décembre et le 31 mars ;
  • l’utilisation d’équipements et installations démontables ou transportables, conçus de manière à permettre, en fin de concession, un retour du site à l'état initial.

Ces obligations répondent, en outre, à des enjeux de sécurité publique, dont la responsabilité incombe à l'État, en tant que propriétaire du domaine public maritime naturel, au regard des risques importants que peuvent présenter les installations notamment en cas de tempête, tout particulièrement pendant la période hivernale. Enfin, selon les constats et les études menées ces dernières années, le maintien d'installations permanentes sur les plages participe au phénomène d'érosion côtière, ayant pour conséquence une réduction de la surface des plages.

Malgré des difficultés ponctuelles de mise en œuvre, il ressort qu'une large part des concessions de plage a aujourd’hui été renouvelée sur la base de ces dispositions.

Pour en savoir plus :

La qualité des eaux de baignade

La propreté et la salubrité des plages ainsi que la qualité des eaux de baignade sont des préoccupations importantes pour les touristes et pour les pouvoirs publics.

La directive européenne 2006/7/CE concernant la gestion de la qualité des eaux de baignade impose aux Etats membres de l’Union européenne de surveiller et de classer la qualité des eaux de baignade, de gérer la qualité de ces eaux et d’informer le public. Elle impose l’affichage à proximité des sites de baignade d’un certain nombre d’informations, comme les analyses du contrôle sanitaire et le profil des eaux de baignade. Parallèlement aux contrôles qui peuvent être exercés par les collectivités locales elles-mêmes, les agences régionales de santé exercent un contrôle périodique en application des dispositions du code de la santé publique, qui transcrit en droit français les dispositions de cette directive. Ainsi, durant la saison balnéaire 2017, 3 379 sites de baignade, dont 2 065 en eau de mer, ont été contrôlés en métropole et en outre-mer selon les critères fixés par la directive européenne 2006/7/CE.

En 2017, 91 % des sites de baignade ont ainsi été classés d’excellente ou de bonne qualité, résultat stable par rapport aux années 2016 et 2015 (91 %).

Pour aller encore plus loin, en 2009, à l’initiative de l'Association Nationale des Elus du Littoral (ANEL) et de l'Association Nationale des Maires des Stations Classées et des Communes Touristiques (ANMSCCT), structure désormais dénommée "association  nationale des élus des territoires touristiques" (ANETT), et avec l’appui des ministères en charge de l’Ecologie (celui-ci étant copropriétaire du label) ), de la Santé, de l’Intérieur et du Tourisme, un processus de certification volontaire « Démarche qualité des Eaux de baignade » a été mis en place pour garantir aux baigneurs une eau de baignade de bonne qualité et anticiper d’éventuelles évolutions de la réglementation.

Cette certification, fondée sur un référentiel plus exigeant que la directive 2006/7/CE, s’adresse aux collectivités (communes et leurs groupements) ou aux gestionnaires privés (plages d'eau douce privées)  qui ont sous leur responsabilité une zone de baignade ouverte au public. Quatre principales exigences caractérisent cette certification :

  • la définition d'un «profil de plage» avec l'identification de l'ensemble des facteurs possibles de classement (maîtrise des rejets d'eau fluviale, réseaux d'assainissement, pollutions d'origine agricole ou industrielle) ;
  • l'abaissement des seuils de tolérance des facteurs microbiologiques, comprenant notamment le durcissement des normes sur les Escherichia coli ;
  • l'actualisation des analyses et le renforcement du suivi de la qualité. Les études portent sur l'année en cours et le classement intègre les données des quatre dernières années. De plus, la certification se renouvelle tous les trois ans, avec l'obligation d'un audit annuel ;
  • le dispositif de transparence et d'information auprès du public, avec une communication quotidienne des résultats d'analyse de la qualité des eaux (affichage sur le site de baignade). Les responsables des plages certifiées s’engagent ainsi à mettre en place une auto-surveillance des eaux de baignade pendant la saison permettant d’avoir, 7 jours sur 7, la connaissance rapide de la qualité de l’eau et d’en informer les baigneurs.

En 2014, un groupe de travail portant sur la réalisation d’un panneau d’affichage sur la qualité sanitaire des eaux de baignade, placé sous l’égide du ministère de la Santé a mené un travail pour homogénéiser les modalités d’information du public relatives à la qualité des eaux de baignade sur l’ensemble du territoire national.

Pour en savoir plus :

 

 

 

Crédits photos : © SerrNovik, Janoka82, Matjaz Slanic, Jopelka / Getty images

 

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