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La diversification des activités des stations thermales (session 2011)

La mission confiée au Conseil National du Tourisme

 

Le Conseil National du Tourisme a été mandaté par le Ministre chargé du Tourisme pour mener une réflexion et faire des propositions sur la diversification des stations thermales.

L’objectif de ce travail est de dresser un bilan des différentes formes de diversification menées par les stations thermales. Ces actions concernent les activités directement liées à l’exploitation de l’eau thermale et peuvent également être conduites à partir des spécificités et des savoir-faire concentrés dans les stations : accueil touristique sous ses différentes formes, accueil des personnes âgées, ingénierie, formation, etc.

A partir de ce constat de l’existant, qui met en évidence les bonnes pratiques observées dans les stations, le groupe de travail a analysé les facteurs susceptibles de favoriser ou au contraire de freiner la diversification des stations. Il en découle des recommandations formulées en direction des pouvoirs publics et des acteurs économiques.

L’état d’esprit de la profession

Le groupe de travail a constaté la mobilisation de la profession après une longue période d’immobilisme et d’attitude défensive, les études sur le Service Médical Rendu (SMR) ont redonné confiance aux élus et professionnels.

  • pour mener les négociations avec les pouvoirs publics,
  • pour crédibiliser leurs offres actuelles,
  • pour concevoir et expérimenter d’autres réponses aux attentes des clientèles de demain.

Il a relevé sur le terrain des initiatives de qualité, des expérimentations, des prises de risque,…

Il a noté également un volontarisme en développement de l’ « approche collective » des différentes organisations regroupant les élus, les professionnels, des organismes de recherche…

Il a enfin relevé les difficultés structurelles qui ne sont pas propres au thermalisme, en particulier en ce qui concerne la pérennité des hébergements.

Les relations avec le monde de la santé

Mandaté par le Ministre chargé du Tourisme, le groupe de travail n’avait pas vocation à prendre position sur les relations entre le thermalisme et l’Assurance Maladie.

Tous ses interlocuteurs lui ont confirmé que le maintien d’une activité relevant des procédures et des interventions financières du système de santé était une condition nécessaire à la survie des établissements thermaux et par conséquent à celle des stations elles-mêmes.

Il a enregistré le constat suivant lequel la diversification des activités se ferait non seulement dans les domaines thérapeutiques proprement dits (Cf. livre blanc du CNETh 2006) mais aussi dans des déclinaisons proches et moins directement liées aux financements publics qui constituent des champs d’activité prometteurs.

La diversification pourquoi ?

La diversification vise à trouver de nouveaux relais de croissance qui assureront le développement économique et social des stations.

Si la diversification est déjà en marche, c’est qu’elle répond à une première nécessité: augmenter les chiffres d’affaires pour stabiliser l’économie des établissements thermaux et des entreprises d’hébergement au-dessus de leur seuil de rentabilité.

Elle est également la condition d’une adaptation des propositions des stations aux évolutions de la société, marchande et non marchande.

Elle va vers l’idée d’un ensemble de savoir-faire et de propositions dans l’espace station susceptible de traiter le séjournant comme un individu à appréhender dans sa totalité et sa complexité et non comme un mono-malade ou un consommateur de services de bien-être et de loisirs spécialisés.

Elle tend enfin à réduire la dépendance des stations et des établissements thermaux vis-à-vis du thermalisme médical.

Déroulement de la mission

 

Le groupe de travail était composé de 13 personnes reconnues pour leur connaissance du secteur et ayant accepté de consacrer une partie de leur temps et de leur énergie à cette mission (Cf. liste des membres du groupe de travail en annexe) notamment la Fédération Thermale et Climatique Française qui a permis d'assuré la coordination des acteurs.

Le groupe de travail s’est réuni à plusieurs reprises, de mars à juin 2011, pour réaliser des auditions des personnes pouvant apporter un éclairage sur la problématique d’ensemble ou sur des thématiques spécifiques (Cf. liste des personnes auditionnées en annexe ). Il a effectué trois déplacements à Aix-les-Bains, Dax et La Bourboule et a entendu 50 personnalités, experts, professionnels du thermalisme, élus, représentants des organisations d’élus ou de professionnels.

Les principaux points du Constat

L’état de la diversification des stations thermales en 2011

Le processus de diversification des stations thermales ne remonte pas à une récente prise de conscience liée à la crise des cures conventionnées. Il est inscrit dans l’histoire même des stations thermales. En effet, dans l’entre-deux-guerres, les stations thermales se développent autour d’une double activité, thermale et touristique, intimement liées. Tant par leur morphologie que par les activités qui y sont pratiquées, les stations thermales se conçoivent non comme de simples lieux de soins, mais comme des espaces de villégiature et comme des villes. Le coeur de station tisse la maille d’un tissu urbain concentrique sur lequel viendront progressivement se greffer de nouvelles fonctions, comme autant d’axes de diversification.

Le remboursement des cures par la Sécurité sociale à partir des années 50 apporte aux stations une légitimité médicale et leur assure un nouveau public, plus diversifié. Mais il place également les stations dans une situation de dépendance qui va confiner le thermalisme dans un cadre purement médical.

Le déclin des cures conventionnées observé à partir de 1993, qui a des causes variées, place les stations dans une situation délicate auxquelles elles n’étaient plus préparées.

Aujourd’hui, le thermalisme occupe une place très variable dans l’économie locale des stations : dans quelques communes rurales, c’est l’activité dominante, voire unique, mais le degré de dépendance est beaucoup plus faible dans les stations de montagne ou dans les villes, petites et moyennes, qui s’appuient sur une économie résidentielle dynamique, grâce notamment à l’importance du tissu de commerces et de services.

L’hébergement touristique dans les stations thermales a connu une évolution en phase avec l’activité thermale : le thermalisme social a entrainé la fermeture de nombreux hôtels, remplacés par des locations meublées qui ne peuvent être louées qu’à des curistes. L’hébergement intégré, notamment sous forme de résidence de tourisme, constitue une solution bien adaptée pour les exploitants. L’hôtellerie de bon niveau qui se maintient dans les stations est de moins en moins liée à l’activité thermale traditionnelle.

La diversification est en action dans les stations thermales sous des formes très diversifiées

Les exploitants thermaux comme les élus locaux ont pris conscience de la nécessité de trouver de nouveaux relais de croissance.

Pour les exploitants, la diversification doit s’appuyer avant tout sur leur savoir-faire médical. Elle peut passer, sur le créneau des cures conventionnées, par la recherche d’un positionnement médical sur des indications thérapeutiques émergentes comme la fibromyalgie, l’amaigrissement, la dermatologie, le traitement des troubles mentaux, etc.

Adopter un positionnement précis permet aux établissements de décliner leur offre de prestations sur des cures courtes, non remboursées, auprès d’une clientèle différente de celle des assurés sociaux.

L’éducation thérapeutique constitue également une voie de diversification légitime, qui s’inscrit dans les nouvelles orientations de la politique de santé. Mais il faudra attendre les avancées des recherches actuellement en cours pour que des protocoles formalisés viennent se substituer aux initiatives individuelles observées actuellement.

De même, les stations thermales constituent un cadre adapté à l’accueil des personnes âgées, dans le cadre de séjours longs ou d’une résidence alternée, pour peu qu’une offre de soins, d’hébergement et de services adaptée soit mise en oeuvre.

Les établissements thermaux cherchent également à accueillir une clientèle bien portante à la recherche de bien-être. L’expérience montre que la cohabitation entre les clientèles est délicate et qu’il est nécessaire d’investir dans des équipements spécifiques, tels que les centres thermoludiques. Si la plupart des créations récentes sont des réussites, c’est grâce à la mobilisation de financements publics importants. En outre, ces centres doivent disposer d’une zone de chalandise touristique et résidentielle significative, condition qui ne permet pas de les implanter dans toutes les stations.

Sur le plan touristique, les stations thermales se sont engagées dans des axes de diversification divers, pour certaines avec succès :

  • Attirer la clientèle de courts séjours de proximité : cela suppose d’investir non seulement dans l’offre de bien-être mais également dans le cadre de vie urbain, la mise en valeur du patrimoine et surtout l’animation culturelle. Le savoir-faire en matière de diététique peut également être décliné sur une offre de gastronomie.
  • Les manifestations professionnelles sont un créneau réservé à quelques stations disposant d’une hôtellerie de qualité, d’une bonne desserte et d’équipements adaptés, autant de paramètres qui jouent davantage que la qualité des installations thermales.
  • Il en va de même pour l’accueil des sportifs, où seules quelques stations peuvent se positionner de façon crédible.

Ces actions ont été engagées dans un contexte favorable au financement de l’investissement, tant au niveau des banques que des financeurs publics. La période qui s’est engagée depuis 2009 l’est beaucoup moins.

 

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