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Essor prometteur des croisières en France (session 2010)

A la veille de l’ouverture à Cannes, fin novembre 2010, du Congrès annuel SEATRADE réunissant les professionnels mondiaux de la croisière, qui se tient pour la première fois en France, le Conseil national du tourisme présente les conclusions et les recommandations qu’il a formulées dans son rapport intitulé « L’essor prometteur des croisières en France ». Etabli par un groupe d’experts de ce secteur du tourisme maritime, au terme d’une enquête menée auprès des responsables de la quinzaine de compagnies opérant en France et de la trentaine de ports de métropole et d’outre-mer concernés, ce rapport dresse un bilan exhaustif des forces et faiblesses et surtout évalue les chances et perspectives de développement dans notre pays des différentes formes de croisières actuelles, maritimes et fluviales.

Ce rapport permet, d’abord de prendre la mesure de l’importance croissante de cette nouvelle forme de tourisme en profonde mutation, sous l’effet de l’entrée en service des nouveaux palaces des mers, conçus pour des vacances familiales originales et commercialisés à des prix de plus en plus accessibles, qui expliquent son succès aux Etats-Unis depuis trente ans et depuis cinq ans en Europe, où l’on compte aujourd’hui cinq millions d’amateurs, dont un quart de britanniques mais aussi un million d’allemands et presqu’autant d’italiens mais seulement 350 000 français (auxquels il faut ajouter 160 000 amateurs de croisières fluviales). Si l’on peut déplorer la relative modestie du nombre de croisiéristes français, quoiqu’en augmentation régulière, on doit en revanche se réjouir de la fréquentation croissante des navires de croisières dans les ports métropolitains où l’on dénombre aujourd’hui 2,7 millions de visiteurs, soit trois fois plus qu’en 2000. Toutefois cette évolution recouvre de fortes disparités : certains ports enregistrant de fortes progressions, tel Marseille quadruplant en 10 ans son trafic pour dépasser aujourd’hui les 700 000 croisiéristes, d’autres se limitant à le tripler tel Ajaccio avec ses 250 000 visiteurs actuels, la plupart, en revanche, stagnant faute d’infrastructures d’accueil adaptées aux nouvelles grandes unités. Toutefois, par rapport à nos voisins, la fréquentation de nos ports demeure assez faible ne représentant que 10 % des 25 millions de visiteurs actuels des ports européens, contre 20 % pour l’Espagne et 40 % pour l’Italie qui s’avère être le principal bénéficiaire en Europe du tourisme de croisière qui lui procure 4 Md€ de retombées économiques et 100 000 emplois, contre 1 Md€ et 15 000 en France.

Ces brèves données permettent de prendre lamesure des performances et du retard de la France sur unmarché des croisières en développement rapide qui constitue un enjeu économique non négligeable, y compris outremer où l’on doit déplorer depuis dix ans, sauf à Nouméa, une stagnation du niveau de trafic autour des 400 000 visiteurs annuels suite à l’effondrement du trafic des Antilles françaises au début de la décennie du à la dépréciation du dollar face à l’euro.

Dans ce contexte il convient de recenser nos atouts autant que nos faiblesses. Et d’abord, de souligner deux remarquables réussites: celles de la Compagnie du Ponant spécialiste des croisières de découverte par petites unités haut de gamme et de CroisiEurope devenu le leader mondial des croisières fluviales et côtières. Ces deux exemples permettent de prouver qu’il est possible de percer et se développer sur un marché mondial dominé par deux grands groupes américains qui contrôlent la quasi-totalité des compagnies nouvelles ou traditionnelles. A condition d’innover dans la conception et la réalisation de nouvelles croisières. Telle est l’une des principales recommandations contenues dans ce rapport qui en formule une vingtaine à l’attention des responsables institutionnels et des acteurs professionnels. En particulier pour résorber trois de nos points faibles : l’avitaillement des navires, la formation des personnels et l’offre d’excursions. Paradoxale dans un pays réputé pour la qualité de sa gastronomie et de ses vins, la faiblesse des fournitures de vivres aux navires de croisières dans nos ports mérite analyse et réflexion. De même que la quasi absence de nationaux à bord des paquebots parmi les personnels de cuisine, d’accueil et d’hôtellerie, nécessite information et initiatives, ainsi que dans les agences de voyages. Car il semble que la commercialisation des croisières et les métiers de la croisière de façon générale, souffrent de défiance et de déficiences réelles qu’il convient de résorber d’urgence. Tout aussi nécessaire s’avèrent les efforts à engager pour renouveler et adapter notre offre nationale d’excursions, en raison de la baisse sensible des taux d’excursionnistes constatée dans nos ports. Autant donc de carences, lourdes de conséquences sous forme de pertes de recettes potentielles qu’il convient de combler pour tenter d’optimiser le niveau des retombées économiques, directes et indirectes, évaluées à 100 € par passager enmoyenne. Variable selon les types d’escale, de transit ou de tête de circuit, et selon les types de clientèles et de croisières, l’évaluation de l’impact économique et social des escales de navires de croisière constitue un exercice délicat mais néanmoins utile pour recenser et évaluer la diversité des prestations assurées au navire et à ses passagers au cours de l’escale au port, en ville, et dans la région concernée. Objet d’évaluations régulières de la part des professionnels regroupés dans les « clubs de la croisière » créés dans nos ports depuis quinze ans sur le modèle de celui de Marseille, l’incidence économique des escales de croisière sur le tissu économique local révèle l’importance prise par les croisières sur le littoral, comme facteur d’emploi pour diverses professions (ex : pilotes, taxis ou guides) et vecteur d’activité pour les commerces des villes-ports. A ces divers titres, le développement des escales de croisières maritimes et fluviales constitue un enjeu d’intérêt national justifiant une attention particulière des Pouvoirs Publics, au même titre que les activités d’excellence industrielle de construction et de réparation navales, illustrées par les réalisations d’exception des chantiers de St-Nazaire, aujourd’hui fragilisés par la raréfaction des commandes de paquebots. D’où les recommandations du rapport invitant l’État, au titre de ses fonctions stratégiques ou régaliennes, à soutenir et valoriser l’activité des chantiers, et à poursuivre l’équipement des ports maritimes et fluviaux, en particulier en matière de sûreté et sécurité ainsi que de dessertes ferroviaires et aériennes.

Propositions doublées d’invitations pressantes adressées aux professionnels de la croisière pour engager un programme d’actions à court et moyen terme destiné notamment à développer le nombre et le rôle des ports « têtes de circuits », en raison de l’importance des activités et des retombées induites par les escales de ce type, génératrices de dépenses d’hébergement, de déplacement, de restauration et de shopping, très supérieures à celles des escales de transit. Et destinées aussi à encourager une utilisation plus large du réseau des « clubs de la croisière » pour en faire des instruments de promotion de cette nouvelle forme de tourisme plus actifs, notamment auprès des agences de voyages, du public, de la presse et des diverses instances publiques régionales, à l’instar des exemples américains et britanniques, pour contribuer à démystifier l’image de la croisière en France où cette forme de loisir moderne, conviviale et familiale demeure encore souvent méconnue voire caricaturée.

Recommandations complétées enfin, par des propositions de concertation accrue entre les instances spécialisées de ce créneau prometteur du marché du tourisme, telles que l’association française des compagnies de croisières (AFCC), les clubs de la croisière, et ATOUT FRANCE, par exemple pour la collecte de statistiques fiables et significatives sur les escales de croisières ou l’organisation d’opérations de promotion des ports français de croisières à l’étranger.

Au total, ce rapport du CNT constitue en cette année de centenaire de cette institution, une parfaite illustration des capacités de cette industrie du tourisme qui est l’une des premières en France par son poids économique et social, à innover et à se déployer sur de nouveaux créneaux de loisirs tels que les croisières maritimes

 

Pour en savoir plus

Télécharger le rapport complet :

 

 

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