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Que peuvent faire les industriels ? - 25/02/2014

Le texte ci-dessous est extrait d'un ouvrage publié à La documentation Française.
Il est la suite du premier extrait paru sur le site « Le décrochage de l’industrie française ? » issu du même ouvrage.

 

« [...] Nous avons vu que les industriels français misent trop peu sur la formation initiale et continue de leurs salariés. Beaucoup d’entreprises, quelle que soit leur taille, se plaignent de leur difficulté à recruter de bons employés. Elles gagneraient souvent à mieux se faire connaître du grand public et de leur environnement. Par exemple, accueillir des visites de groupes scolaires, des stages d’élèves ou d’enseignants, permet à chacun de connaître et de mieux apprécier la réalité de l’industrie et des débouchés qu’elle offre.

Par ailleurs, les centres de formation professionnelle sont trop souvent éloignés à la fois des centres-villes, des filières d’enseignement général et technique et des entreprises, cumulant ainsi toutes les relégations. Il existe pourtant d’intéressantes exceptions, comme le lycée Airbus à Toulouse ou le lycée des métiers de l’automobile à Montbéliard. L’entreprise Airbus est fortement engagée dans le fonctionnement du premier, ce qui valorise la filière. Ensuite, certains de ses cadres s’impliquent dans la formation. Enfin, l’entreprise forme plus d’élèves que ce que requièrent ses propres besoins, participant ainsi à la montée en gamme des fournisseurs qui embauchent volontiers les diplômés.

De telles expériences sont encore trop rares en France, mais indiquent une direction prometteuse. Alors qu’en Allemagne, des entreprises comme Volkswagen créent des centres de formation internes, voient comme un privilège de pouvoir proposer un emploi aux meilleurs et de laisser les autres travailler chez leurs fournisseurs, voire chez leurs concurrents, les employeurs français cherchent à mettre en place des systèmes de compensation lorsqu’une entreprise a contribué à la formation d’un étudiant qui choisit ensuite de travailler chez un concurrent (cf. « Un nouveau pacte social pour une industrie compétitive », UIMM, février 2012).

La formation par l’apprentissage peut également être développée. Aujourd’hui, 40 % d’une classe d’âge passe par cette voie en Allemagne, contre seulement 6 % en France. En prenant exemple sur leurs consœurs suisses ou allemandes, les entreprises françaises peuvent aussi s’impliquer beaucoup plus pour offrir des opportunités de formation et de promotion à leurs ouvriers et à leurs techniciens. D’une part, ceci permettrait à une partie de l’encadrement de mieux connaître les métiers de l’entreprise et ses processus de production. D’autre part, cela contribuerait à mettre en place une meilleure cohésion au sein de l’entreprise. Poursuivie avec constance, une telle politique confère à l’entreprise une plus grande attractivité. En effet, savoir qu’on peut entrer au bas de l’échelle d’une société et y faire carrière est un élément très positif pour attirer les jeunes.

Une main-d’œuvre directe plus motivée, une partie de l’encadrement plus au fait des contraintes de la production et plus proche des opérateurs permettent, par ailleurs, une plus grande délégation des tâches et un moindre contrôle des employés par la hiérarchie, donc à terme une réduction du ratio d’encadrement et une meilleure rentabilité.

Cette implication beaucoup plus importante de l’entreprise dans  la formation est d’autant plus nécessaire que la montée en gamme de l’industrie amplifiera la destruction massive d’emplois faiblement qualifiés et le besoin croissant de travail qualifié. Une étude prospective du McKinsey Global Institute (L’emploi en France 2020, cinq priorités d’action d’ici 2020, mai 2012) indique que le plein emploi est possible en France en 2020, mais qu’il manquera environ 2,2 millions de travailleurs qualifiés (bac et plus), tandis que 2,3 millions de travailleurs trop peu qualifiés (en deçà du bac) auront du mal à trouver du travail. C’est un défi immense pour notre système public d’éducation et d’enseignement supérieur. »

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Extrait de l'ouvrage :
L'industrie française décroche-t-elle ?
La documentation Française

Couverture de l'ouvrage : L'industrie française décroche-t-elle ? - La documentation Française

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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