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Industrie nautique et navale

Bon vent pour l'industrie nautique française

Particulièrement innovante et fortement exportatrice, l'industrie française de la plaisance a acquis une place de premier plan dans le monde au cours des dix dernières années.

L'industrie nautique française a réellement le vent en poupe. Après avoir connu une période difficile pendant la première moitié des années 1990, ce secteur connaît en effet une croissance soutenue (à deux chiffres pour certaines années) depuis pratiquement dix ans maintenant.

La construction de bateaux de plaisance représente un bon quart de l'activité des chantiers navals dans notre pays, dépassant même la construction des autres catégories de navires civils tels que les paquebots, les bateaux de pêche ou les cargos.

Voile, moteur et plaisance

Fleuron de l'industrie nautique française, la voile représente près de 60 % de la production nationale de bateaux de plaisance dans notre pays. La France reste leader sur ce segment, notamment grâce aux bons résultats de plusieurs groupes spécialisés. Moins sensible à la conjoncture, la construction de bateaux à moteur connaît également une forte progression. Autre segment dynamique de ce marché, celui des bateaux pneumatiques (29 % des ventes mondiales) qui connaît un essor important grâce à la mise sur le marché de produits très concurrentiels, robustes, confortables et faciles à transporter.

Une exception dans ce bilan largement positif : le secteur de la "grande plaisance" qui connaît un succès grandissant dans le monde, en Asie et en Russie notamment, mais sur lequel la France est relativement peu présente. Avec dix projets de bateaux d'une longueur moyenne de 43 mètres, elle se situe seulement au dixième rang mondial sur le plan de la production même si notre pays se positionne honorablement sur deux niches importantes : l'entretien de ces gros navires en Méditerranée et la construction de catamarans de croisières.

Une grande capacité d'innovation

Principal atout de l'industrie nautique en France : sa grande capacité d'innovation. Depuis 1996, le taux d'investissement y est supérieur à celui de l'industrie manufacturière. Il s'est établi à 12 % en 2004. Les dépenses de R&D représentent, pour leur part, environ 1 % du chiffre d'affaires de l'ensemble du secteur et concernent un effectif total de 300 personnes. L'effort porte essentiellement sur les procédés de fabrication qui vont du traditionnel à la fabrication en série. Innovation également dans le domaine des matériaux avec le développement de l'aluminium mais aussi des composites : 90 % des coques sont réalisées en fibre de carbone, aramide ou en kevlar polyéthylène pour allier légèreté et sécurité. Pour les carènes, le polyester demeure de rigueur, toujours dans le souci de diminuer le poids du bateau et d'économiser ainsi l'énergie consommée. Enfin, l'électronique et l'informatique complètent de plus en plus souvent l'équipement des bateaux de plaisance.

Tous ces développements technologiques se sont accompagnés d'un accroissement sensible du niveau de l'emploi et la main-d’œuvre dans l'ensemble du secteur. Le nombre des salariés est ainsi passé de 4 000 en 1997 à près de 10 000 en 2004. Plus de la moitié d'entre eux sont des ouvriers qualifiés à 58 % et 11 % ont moins de 25 ans. L'emploi salarié féminin représente un salarié sur quatre. Démographie oblige, l'industrie nautique devrait être confrontée dans les années à venir à une importante vague de départs à la retraite. Un phénomène qui devrait donc se traduire par de nombreux recrutements dans un secteur dans lequel les vents semblent souffler dans la bonne direction pour longtemps encore.

Une industrie respectueuse de son environnement

Sous l'impulsion de la réglementation, et en particulier de plusieurs directives européennes, de nombreuses entreprises françaises du secteur nautique ont intégré des technologies de fabrication propres. Citons la mise en place de techniques de vernissage sans polyuréthane, l'utilisation de matériaux non polluants (des résines à basse émission de composants volatils par exemple), le développement de nouveaux procédés tels que l'injection ou encore le traitement des déchets par la création d'un système de tri sélectif.

Très attentive au développement durable de la plaisance et au respect de l'environnement, la Fédération des industries nautiques (FIN) a lancé deux opérations sur ce thème :

  • la création d'un "label bleu" réservé aux bateaux qui ne rejettent pas d'eaux noires. Pour mériter ce label, ils devront se munir, outre les bacs de rétention, de toilettes chimiques et d'un système de traitement des eaux usées ;
  • l'organisation d'un concours du "bateau bleu", destiné à stimuler les innovations en matière de conception et de fabrication propres.

Parallèlement à ces deux actions, la FIN est partie prenante dans un projet, dit BPHU, de recyclage des bateaux de plaisance hors d'usage, qui est mis en oeuvre par l'Ademe avec le soutien du ministère délégué à l'Industrie et du ministère de l'Equipement.

Une filière industrielle de déconstruction labellisée et éco-responsable devrait ainsi voir le jour prochainement. En 2005, le volume de matériaux à traiter s'élevait à 5 000 tonnes et il devrait atteindre 20 000 tonnes à l'horizon 2015.

 

(Source : Cahier Industries n° 113 avril 2006)