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Industrie

Technologies clés 2010 (2006)

L'étude Technologies clés 2010 s'inscrit dans le prolongement de deux études de même nature qui ont fait l'objet de rapports publiés en 1995 et 2000. Il s'agit à chaque fois d'identifier, à horizon de cinq ans, les technologies clés pour l'industrie française. Il existe donc une certaine continuité de la démarche, mais elle s'accompagne
cependant d'une évolution.

L'étude 2010 diffère ainsi des précédentes par la cible retenue qui est, de façon prioritaire mais non exclusive, constituée par les acteurs publics - et singulièrement les acteurs régionaux - impliqués dans la recherche d'une compétitivité industrielle à travers la maîtrise technologique. L'importance de cette dimension régionale a été exprimée, en particulier par quatre réunions de présentations dans les régions Rhône-Alpes, Nord - Pas-de-Calais, Centre et Alsace. Enfin, davantage que dans les exercices précédents, on a abordé les technologies clés sous l'aspect de leur importance pour l'économie française, au-delà de la seule dimension industrielle. On ne peut en effet ignorer que les technologies ont un rôle significatif dans le secteur des services qui représente 70 % du PIB.

Le démarrage de l'étude 2010 a coïncidé avec le lancement de l'appel d'offres gouvernemental pour les pôles de compétitivité régionaux qui a conduit à la labellisation, en juillet 2005, de 66 pôles de compétitivité. L'articulation de l'étude avec cette démarche qui structure le soutien public à l'innovation a reçu une attention particulière. Le rapport précise, pour chacune des technologies retenues, sa relation aux pôles de compétitivité. On observera que la plupart des technologies retenues sont associées à un ou plusieurs pôles, mais que huit d'entre elles sont orphelines. Leur ancrage territorial devra, dans l'avenir, faire l'objet d'une attention particulière.

La transformation rapide du contexte international dans lequel évolue l'industrie française - les effets de la mondialisation de l'économie et de la montée en puissance de la dimension européenne - marque nécessairement toute réflexion sur le développement de l'industrie française et plus généralement de l'économie. La présence de la dimension européenne s'est d'ailleurs traduite concrètement par la présence active, au sein du comité de pilotage, d'un représentant de la Commission européenne. Dans le choix des technologies labellisées, cette prise en compte du contexte international implique non seulement une appréciation de leur importance intrinsèque, mais aussi un jugement sur les atouts dont dispose la France dans chaque cas particulier. En d'autres termes, la procédure de choix confronte d'une part des critères technologiques et d'autre part des critères économiques et stratégiques qu'il
convient d'apprécier dans le contexte international.

L'étude dont ce rapport rassemble les résultats n'est nullement un effort isolé. Avec une méthodologie différente, l'étude FutuRis, engagée un an plus tôt et conduite dans le cadre de l'Association nationale de la recherche technique (ANRT), poursuit le même objectif de dynamisation du système français de recherche et d'innovation.

Par ailleurs, la Commission européenne conduit, dans ce domaine, ses propres réflexions. Sur un sujet d'une telle importance, une redondance de la réflexion est en soi souhaitable, mais pour en tirer tout le bénéfice, il est nécessaire que les résultats en soient confrontés, les convergences et les divergences analysées. Il serait particulièrement important de rapprocher l'éclairage national que fournit le présent rapport de la vision européenne élaborée par la Commission. C'est là un prolongement naturel et une forme d'exploitation de l'étude qui
s'achève.
Comment caractériser les tendances qui se dégagent de l'étude 2010 ? La sélection de 83 technologies, parmi les quelque 250 qui ont été examinées, se fonde sur le travail d'une centaine d'experts et sur une méthodologie qui est explicitée dans le corps du rapport. On ne saurait prétendre que la sélection présentée a la nature d'une vérité absolue, mais on peut affirmer qu'elle constitue un résultat robuste. On y discerne, et c'est une tendance qui ne
peut que s'accuser dans l'avenir, une montée en puissance des technologies qui ont pour objet de réduire les externalités négatives ou, le cas échéant, de les monétariser. C'est l'effet d'une sensibilité accrue aux atteintes à l'environnement, qu'il soit global ou local, et à la rareté croissante de certaines ressources. Le poids des enjeux environnementaux tend à privilégier, dans le processus de sélection, les technologies « économes » par rapport aux technologies de rupture.

Par ailleurs, on a souvent choisi de désigner comme clés, plutôt que des technologies trop spécifiques, des systèmes qui reposent sur plusieurs briques technologiques plus étroites. Cela résulte de la prise en compte de critères économiques dans les choix et du fait que le maintien de la compétitivité des pays développés, et singulièrement de la France, repose sur la maîtrise des systèmes complexes davantage que sur celle de composants technologiques très spécifiques. Il en est résulté que la liste des technologies clés 2010 est, avec 83
éléments, plus restreinte que celle établie en 1995 pour 2000 (136 technologies) et en 2000 pour 2005 (119 technologies). Cela explique également que la plupart des technologies clés sont liées à plusieurs pôles de compétitivités qui détiennent les briques technologiques pertinentes. Enfin, le faible pourcentage de technologies de rupture tient à ce que, contrairement à l'étude FutuRis qui est plus centrée sur la recherche, l'étude Technologies
clés 2010 s'intéresse prioritairement à ce qui sort des laboratoires pour être industrialisé dans les prochaines années.

Il ne me semble pas déplacé d'examiner les voies de l'avenir d'une étude qui elle-même est tournée vers le futur. On peut aborder de deux façons cette démarche d'autoprospective et se demander :
• Quelles utilisations peut-on faire des résultats de l'étude ?
• Quel regard rétrospectif et critique peut-on porter sur la démarche et quelles conclusions peut-on en tirer pour la suite de l'effort engagé par le ministère chargé de l'Industrie ?

Sur le premier point, il faut reconnaître que la valeur de la démarche n'est pas tout entière contenue dans la sélection des technologies les plus prometteuses et qu'elle ne saurait être tout entière enfermée dans un rapport de synthèse. L'information contenue dans ce rapport ne représente qu'une faible fraction de celle qui a été rassemblée pour le préparer et qui était accessible pour les participants à l'étude - experts et membres du comité de pilotage - sur le
site Internet créé à cette occasion.

C'est ainsi que les informations relatives aux technologies qui ont été écartées par le processus de sélection sont absentes du rapport. Au total, il a fallu rassembler et organiser une grande masse de données et de réflexions dont il me semble essentiel d'examiner comment elle pourra être complètement valorisée. En 1995, la direction générale des stratégies industrielles avait conduit une étude analogue qui avait donné lieu non seulement à un rapport de synthèse, mais à un gros livre intitulé Annuaire des technologies clés. Je souhaite qu'une démarche analogue vienne prolonger l'étude en cours ; mais, depuis cette époque, les techniques informationnelles ont évolué ; le livre n'est plus, aujourd'hui, le seul moyen de donner accès à l'information rassemblée par l'étude. Le site Internet établi pour sa conduite, et qui a servi de lien entre les nombreux acteurs impliqués, serait facile à transformer en un outil permanent de communication avec l'ensemble des acteurs du tissu technico-économique.

Un des avantages de ce mode de communication est sa grande facilité d'accès dont bénéficierait tout particulièrement la cible importante que constituent les PME. Cet acteur majeur de l'innovation est peu muni, en termes de temps et de moyens humains disponibles, pour rechercher les informations qui pourraient lui être utiles. Toute démarche de nature à lui faciliter leur accès doit donc être favorisée. La création d'un site Internet permanent,
accessible par le portail du ministère chargé de l'Industrie irait certainement dans ce sens et, plus généralement, permettrait de juxtaposer, à l'effort investi pour constituer un gisement d'information au niveau central, un effort complémentaire pour promouvoir sa diffusion dans le tissu économique et industriel.

L'existence d'un site Internet poserait immédiatement la question d'un mécanisme de mise à jour, ce qui nous conduit à la question de la continuité. Je pense qu'il faut s'interroger sur le point de savoir si l'effort entrepris doit s'arrêter complètement à l'issue de l'étude telle qu'elle est définie, pour être repris dans cinq ou dix ans, ou s'il ne serait pas mieux adapté au suivi de l'évolution technique de maintenir un niveau d'activité modeste mais permanent,
appuyé sur un réseau réduit d'experts. Si l'outil de communication choisi est le site Internet qui, à la différence du livre, non seulement se prête aisément à des mises à jour mais exige qu'elles soient faites, une convergence entre les deux propositions que je viens de formuler sera aisée à établir.

Cette question de la pérennisation de l'effort d'étude a été évoquée au cours des réunions du comité de pilotage et lors de la réunion de l'ensemble des experts qui s'est tenue à Bercy le 3 octobre 2005. Il resterait naturellement à en arrêter le niveau et à en préciser le contenu : constitution d'un noyau dur d'experts, animation du site Internet, événements de communication, déclinaisons régionales en liaison avec les Drire. Sans chercher, à ce stade,
à aller plus loin dans la définition précise de la démarche, disons qu'elle devrait s'inspirer, dans sa continuité, du dynamisme permanent de l'évolution technique, qui jamais ne s'arrête.

 

 

 

 

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