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Europe

L’implantation des firmes chinoises et indiennes en Europe - Dernières tendances - Mai 2009

Cette note de recherche se situe dans le prolongement de l’étude réalisée en 2007 pour le compte de la Direction Générale des Entreprises sur l’implantation des entreprises chinoises et indiennes en Europe. Le contexte demeure toujours celui de l’émergence de flux d’investissements directs du Sud vers le Nord. Il se caractérise plus particulièrement par la montée en puissance de firmes multinationales originaires des pays émergents, aux premiers rangs desquels figurent les deux économies asiatiques de taille continentale que sont la Chine et l’Inde avec près de 40% de la population mondiale. Toutefois, l’arrivée de la phase aiguë de la crise financière en septembre 2008 et ses conséquences multiples au niveau mondial constituent une rupture par rapport au contexte qui prévalait antérieurement.

La note porte sur les années 2007 et 2008 et s’interroge, en premier lieu, sur la poursuite ou non, des tendances observées précédemment tant en termes macroéconomiques qu’au plan microéconomique ; ce niveau d’analyse et d’interprétation ayant été privilégié par les auteurs car il permet de mieux cerner les caractéristiques et comportements des agents économiques à l’origine les flux d’IDE, à savoir les entreprises. Il en ressort un certain nombre de points saillants. Au plan macroéconomique c’est pour l’essentiel les mêmes observations qu’antérieurement qui prévalent, à savoir :

  • La poursuite du trend haussier des flux d’investissements directs sortants en 2007 mais à un moindre rythme pour l’Inde alors que les flux sortants de Chine s’accélèrent en 2008 ;
  • L’encours des investissements directs sortants de Chine sont largement supérieurs à ceux sortants d’Inde (96 milliards de dollars versus 29 milliards en 2007), écart encore plus important si est réintégré une part des investissements de Hongkong, qui joue le rôle d’un tremplin pour les investissements directs sortants de Chine continentale ;
  • Les profils respectifs des investissements sortants/ investissements entrants sont désormais similaires. L’Inde étant à son tour un pays attractif pour l’investissement direct étranger ;
  •  Il faut rappeler également la polarisation géographique différenciée des deux pays : les investissements indiens sont orientés majoritairement vers les pays développés alors que les investissements chinois prennent plus souvent la route des pays en développement ;
  •  Enfin, l’examen des dépôts de brevets réalisés par les firmes chinoises et indiennes en Europe et aux Etats-Unis et recensés par la base WIPO des Nations unies livre deux résultats significatifs : d’une part, les entreprises chinoises et indiennes déposent plus de demandes de brevets aux Etats-Unis qu’en Europe et, d’autre part, les firmes chinoises ont, dans les deux grandes régions, une plus grande propension à déposer des brevets que leurs homologues indiens.

L’approche microéconomique développée par les auteurs à partir d’une base de données inédite fait apparaître un certain nombre d’inflexions par rapport à la période précédente. Il s’agit :

  •   De la baisse significative et symétrique des opérations d’investissement en 2008 pour les deux catégories  d’entreprises. Deux explications complémentaires peuvent être avancées : la hausse du prix du pétrole et des matières premières au cours du premier semestre et l’éclatement de la crise financière globale durant le deuxième semestre ;
  •   De la primauté des stratégies de croissance externe pour les deux types d’investisseur ; la progression par rapport à la période antérieure est particulièrement nette dans le cas des firmes indiennes
  •   De l’importance du Royaume-Uni devant les autres grands pays européens (Allemagne,France et Italie) ; les pays d’Europe centrale émergent aussi comme une alternative pourdes activités de production et de développement à destination du marché local et desmarchés voisins ;
  •   De l’importance relative des activités productives ;
  •   Enfin, une inclination vers la banque, la finance et les assurances pour les entrepriseschinoises (avant septembre 2008) alors que pour les firmes indiennes la place des services informatiques est renforcée et que se précise un intérêt pour la construction automobile.

La note explore également trois thèmes qui avaient été jugés devoir mériter un approfondissement à l’occasion de la présentation du rapport début 2008.

La question régulièrement posée du devenir des entreprises européennes acquises par des entreprises chinoises et indiennes a été abordée en se limitant ici aux entreprises chinoises. En dépit d’un certain nombre de difficultés de nature informationnelle et méthodologique un premier constat peut être avancé. S’il apparaît que les opérations de croissance organique se soldent généralement par des réussites il en est différemment des acquisitions qui offrent des résultats plus mitigés, allant de succès avérés (acquisitions opérées par l’entreprise publique chinoise ChinaBlue Star, par la firme hongkongaise Johnson Electric…) à des échecs patents (TCL ou Greencool).

Quels facteurs d’échecs peuvent être avancés ? C’est d’abord un important gap culturel, ensuite de mauvaises informations recueillies sur l’entreprise cible et enfin des entreprises n’ayant plus maintenu en état leurs lignes de production ce qui rend leur sauvetage problématique même par le recours à des délocalisations.

L’activité du « fonds souverain » chinois en Europe est clairement posée depuis sa création en 2007 même s’il faille ne pas se limiter à ce seul instrument financier pour appréhender dans toute son étendue le rôle de l’Etat chinois à l’étranger. En effet, les banques et les entreprises publiques, notamment les compagnies pétrolières, jouent un rôle actif. Si est donc pris en compte un périmètre plus large de l’action économique de l’Etat chinois à l’étranger, il ressort que le ciblage de la banque et de la « finance de marché » qui avait prévalu avant l’éclatement de la crise, n’est plus de mise. La prudence prévaut désormais. Le domaine de l’énergie et des mines devient une cible prioritaire même si l’essentiel des opérations ont lieu dans les pays en développement et en Australie.

Enfin, sur la base de l’importance des fonctions commerciales assurées par les filiales chinoises en Europe les liens investissements directs - flux commerciaux bilatéraux entre l’Europe et la Chine sont une évidence même si leur rôle – et donc leur contribution au creusement du déficit commercial entre l’Union européenne et la Chine – est difficile à apprécier en l’absence de traitement économétrique.

La note avance par ailleurs un certain nombre de constats sur le comportement des agents économiques chinois et indiens dans un contexte de crise globale :

  •  Une prudence accrue pour les opérations d’acquisition ;
  •   L’accès aux ressources naturelles est devenu prioritaire ;
  •   L’accès aux marchés des pays développés (car premiers débouchés à l’export) est maintenu ;
  •   Le renforcement en cours de la présence des firmes indiennes de logiciel en Europe via des acquisitions sélectives faisant suite à la baisse de leur premier marché, les Etats-Unis(60% en moyenne de leurs revenus).

Partant de là, les auteurs recommandent de poursuivre la veille des stratégies des firmes chinoises et indiennes en Europe ; une attention particulière devrait être portée aux stratégies économiques de l’Etat chinois, en raison de la grande réactivité des responsables politiques comme l’atteste la déclaration en mars 2009 du Premier ministre qui suggère qu’une partie des réserves de change du pays soit désormais consacrée à soutenir le développement des entreprises nationales à l’étranger.

 

 

 

 

 

 

 

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