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Les systèmes productifs des pays du Bassin méditerranéen dans le domaine du textile-habillement - 2007

Étude des systèmes productifs des pays du Bassin méditerranéen dans le domaine du textile-habillement et leurs liens avec le secteur français

Les pays du Bassin méditerranéen ont subi ces dernières années, et plus particulièrement depuis les années 2001-2002, une érosion de leur position concurrentielle. A l’origine de cette évolution on pourra notamment citer les éléments suivants :

- A la suite de la chute du mur de Berlin en novembre 1989, le dynamisme des pays de l’Est a exercé une pression concurrentielle sur l’offre des pays du Bassin méditerranéen.
- Le démantèlement des quotas en quatre phases successives entre 1995 et 2005 a bouleversé l’environnement concurrentiel mondial du secteur textile-habillement. Les pays du Bassin méditerranéen ont en conséquence subi une érosion de leur part de marché dans les approvisionnements de l’Union européenne.
- Les changements de pratique d’approvisionnement des donneurs d’ordres, qui ont de plus en plus tendance à privilégier les zones de sourcing qui proposent une offre globale textile et confection ont sensiblement pesé sur l’activité des pays du Maghreb.
- L’appréciation du cours de l’euro a contribué à renforcer les approvisionnements en zone dollar et notamment en Asie (depuis 2000 l’euro s’est apprécié d’environ 40 % face au dollar).

Les pays du Bassin méditerranéen présentent des profils économiques différents. Si la Turquie, dotée d’une filière textile-habillement complète, apparaît comme un acteur majeur de l’échiquier mondial (le pays est le deuxième fournisseur de l’Union européenne en habillement après la Chine), la Tunisie et le Maroc demeurent encore majoritairement des régions de sous-traitance. L’Egypte, grâce à sa production de coton, est présente sur l’amont de la filière mais son système productif est loin d’avoir achevé sa modernisation.

Les liens de la France ont toujours été forts avec les pays du Maghreb, région avec laquelle la France entretient une proximité tant géographique que culturelle. En revanche, à l’inverse de nos voisins allemands, les liens de la France et de la Turquie demeurent encore insuffisants. S’agissant de l’Egypte, ses relations commerciales semblent surtout tournées vers les pays anglo-saxons.

Ces dernières années, les relations commerciales qu’entretient la France avec les pays du Maghreb semblent se fragiliser. La France a ainsi perdu son rang de premier fournisseur de tissus du Maroc au profit de l’Espagne, tandis que c’est désormais l’Italie qui est le premier fournisseur de tissus de la Tunisie. Il n’en demeure pas moins que les pays du Maghreb restent des partenaires important de l’Hexagone. La Tunisie et le Maroc figurent au troisième et quatrième rang des fournisseurs d’habillement de la France.

Les années à venir devraient s’inscrire dans la tendance observée ces dernières années. En effet, les donneurs d’ordres vont continuer à privilégier les zones de confection qui proposent des solutions globales (tissage et confection) au détriment du Maroc et de la Tunisie. S’agissant de la Turquie, la mutation de sa filière textile-habillement vers des productions à plus forte valeur ajoutée n’est pas encore totalement achevée, ce qui devrait conduire à la poursuite de la restructuration du secteur. La perspective du démantèlement des derniers quotas en 2008 devrait également contribuer à fragiliser les acteurs des régions méditerranéennes.

En dépit d’un environnement concurrentiel de moins en moins favorable, il demeure vital que les pays du Bassin méditerranéen poursuivent leurs efforts de mise à niveau, tant le textile représente un secteur crucial de l’économie de la région. En outre, les donneurs d’ordres continuent de solliciter les régions proches de l’Europe pour leurs approvisionnements de court terme, ce qui devrait inciter les pouvoirs publics des pays méditerranéens à faire figurer le développement du secteur textile parmi les priorités des prochaines années.

Il reste que l’Euromed a été sensiblement fragilisé sur la période récente en tant que relation basée sur une complémentarité quasi captive entre les tisseurs européens et les confectionneurs méditerranéens. Le Fast fashion devrait permettre à l’Euromed de retrouver son sens mais sans doute sous une forme différente de celle qui prévalait lorsqu’il a été conçu au départ. Il s’agira pour les fournisseurs du Bassin méditerranéen, qui ne peuvent plus se battre sur la compétitivité coût, d’apporter aux acteurs de la mode européenne la performance dont ils ont besoin en termes de mise au point de produit, de qualité, de fiabilité et de délais.

Ce nouveau partenariat entre l’Union européenne et les pays du Bassin méditerranéen reste à construire et devrait refléter une relation Nord-Sud plus équilibrée, dans laquelle l’autonomie des pays méditerranéens se trouvera renforcée. La complémentarité entre les tisseurs de l’Union européenne et les confectionneurs méditerranéens s’inscrira probablement dans un cadre dans lequel ces derniers jouiront d’une plus grande autonomie. En l’occurrence, ils chercheront pour leurs achats de tissus à bénéficier de sources d’approvisionnements plus diversifiées (y compris en dehors de l’Union européenne) de façon à améliorer la compétitivité de leur production d’habillement.

 

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