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Professions libérales

Les avocats et le contrat de collaboration libérale

Résultats d'une enquête réalisée par la Direction générale des entreprises (DGE) au printemps 2016.

 

Chez les avocats, le contrat de collaboration libérale (CCL), qui existe depuis 1971, est bien connu : 76% des répondants à l’enquête ont conclu ou déjà envisagé de conclure un contrat de collaboration libérale. Il semble que ce contrat soit, en fait, souvent le seul type de contrat proposé aux jeunes avocats lors de leur embauche dans des cabinets en particulier franciliens.

La diffusion du CCL au sein de la profession s’accompagne d’une image très contrastée : pour le Conseil national des barreaux (CNB), ordre professionnel des avocats, le CCL présente plusieurs intérêts (sans ordre d’importance) : une intégration progressive d’un jeune professionnel dans une société, la préparation d’une succession au sein du cabinet, une solution à une surcharge d’activité, le développement d’une clientèle pour un nouveau professionnel, une manière de libérer du temps pour convenance personnelle. L’ordre n’exprime ni réserve, ni frein.

Les avocats titulaires d’un cabinet l’utilisent principalement pour répondre à une surcharge d’activité (55%), pour préparer leur succession (31%), et alléger la charge de travail (25%).

Du côté des avocats collaborateurs libéraux, le CCL est un moyen de démarrer son activité en développant une clientèle (53%), de trouver un premier emploi (35%), d’intégrer une structure d’exercice en groupe (19%). Cependant, de très nombreuses et fortes critiques sont émises soulignant les difficultés voire l’impossibilité de développer une clientèle personnelle, point essentiel du contrat de collaboration libérale.

Toutefois, les réponses qualitatives fournies dans le cadre de l’enquête en ligne font apparaitre des points de mécontentement très marqués. D’un côté, les titulaires de cabinet estiment que le temps consacré par le collaborateur libéral à sa clientèle personnelle empiète trop sur son activité consacrée à la clientèle du cabinet. A l’inverse, les avocats collaborateurs ayant répondu soulignent les grandes difficultés rencontrées pour se constituer dans des conditions acceptables une clientèle propre. Les conditions de travail s’apparentent plus à celles d’un salarié sans les garanties apportées par le droit du travail, ce qui conduit à une critique des charges sociales attachées au CCL, qui, jugées excessives, sont celles d’un professionnel libéral indépendant.

Selon le CNB, le CCL doit imposer une assurance professionnelle en propre, fixer les modalités et conditions de résiliation du contrat et prévoir les modalités de développement d’une clientèle personnelle. Les clauses de non concurrence et de non réinstallation ne sont pas envisagées conformément aux dispositions de l’article 7 de la loi du 31 décembre 1971. Le contenu des contrats de collaboration libérale vu au travers des réponses à l’enquête en ligne apparaît quelque peu différent. Ainsi, seuls 23% des contrats imposent une assurance professionnelle en propre, 63% des contrats seulement définissent les modalités de développement de la clientèle du collaborateur et 18% comportent une clause de non concurrence et/ou de non réinstallation. Les conditions de résiliation du contrat et les modalités de rémunération et de gestion comptable sont toutefois prévues respectivement pour 92 % et 84% des CCL signés.

En termes d’évolution possible du CCL, pour l’ordre, le format actuel est satisfaisant, aucune des propositions émises dans le questionnaire n’est retenue. Cependant, il convient de noter que la profession d’avocat est la seule parmi les professions retenues pour l’enquête à s’exprimer, à hauteur de 19%, pour une suppression de ce contrat. Pour les collaborateurs libéraux quatre demandes d’évolution ressortent fortement de la consultation : une meilleure garantie de l’indépendance professionnelle du collaborateur et l’affirmation d’une absence de lien de subordination, un statut mieux défini, un meilleur encadrement du développement de la clientèle personnelle et le souhait de sanctions judiciaires en cas de non-respect des clauses du contrat.

En conclusion, le contrat de collaboration libérale est très présent dans l’exercice de la profession d’avocat mais, s’il satisfait 80% des avocats titulaires d’un cabinet, seuls 47% des avocats collaborateurs libéraux sont satisfaits. En conséquence, si les avocats titulaires recommandent ce contrat auprès de leurs confrères et consoeurs, les avocats collaborateurs libéraux le déconseillent assez largement (55%).

Crédit photo : © Stocknshares / iStock

 

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