Numérique

Nouvelle France Industrielle - Internet des objets

Le numérique transforme tout. Nos entreprises sont face à un défi : s’approprier les technologies, tirer parti des nouveaux usages, pour profiter pleinement des formidables gisements de croissance qu’ils représentent.

Parmi ces technologies, figurent les objets connectés qui, par leur mise en réseau, forment ce que l’on qualifie « d’Internet des objets ». Les objets du quotidien se voient progressivement dotés de capteurs et connectés entre eux pour permettre le développement de nouveaux usages ou faciliter la prise de décision ou l’information des usagers. Tous les aspects de la vie quotidienne sont concernés : santé, logement, travail. Dans le contexte professionnel, les
perspectives de l’Internet des objets sont inédites, qu’il s’agisse d’améliorer les processus industriels, ou d’offrir de nouvelles perspectives de développement de produits et de services innovants qui sont autant de sources de compétitivité pour les entreprises et un moyen pour elles de se différencier.

Les experts estiment ainsi entre 30 et 80 milliards le nombre d’objets qui seront connectés en 2020, contre 10 milliards environ en 2016.

Notre pays dispose d’atouts indéniables dans cette dynamique globale. Elle est en effet à la pointe en matière de conception d’objets connectés, le secteur étant d’ailleurs l’un des fers de lance de la French Tech comme en témoigne la présence française au Consumer Electronics Show de Las Vegas où 190 start-ups françaises liées aux objets connectés étaient présentes en 2016. Elle est également pionnière dans le domaine de la connectivité et du déploiement de réseaux adaptés à l’Internet des objets avec des acteurs emblématiques. Elle est enfin particulièrement en pointe en matière de sécurité numérique et de protection des données personnelles qui constituent deux des facteurs clés de succès du développement de l’Internet des objets.

Pour autant, les acteurs économiques se doivent, au-delà de ces forces indéniables, d’accompagner ces évolutions pour en tirer le meilleur profit et garantir, à tous les niveaux, la création de valeur sur le territoire national. C’est l’objet de la feuille de route qu’ils ont construite ensemble.

La France doit ainsi être aux avant-postes de cette révolution numérique que porte l’Internet des objets.

Pourquoi lancer une nouvelle initiative sur l’Internet des objets ?

Les objets connectés pénètrent de plus en plus notre quotidien et nos entreprises. Progressivement, ces objets sont mis en contact, ils communiquent entre eux, pour former l’Internet des objets (IoT).

Comme l’avait fait Internet, ce nouvel Internet des objets ouvre un champ d’opportunités immense pour nos entreprises comme pour nos citoyens. Mais il pose également de nombreux défis technologiques, sociétaux, de sécurité, de stockage.

C’est pourquoi le Gouvernement a demandé aux équipes projet des solutions numériques de la Nouvelle France Industrielle d’établir une feuille de route commune sur l’Internet des objets.

Cette feuille de route n’a pas vocation à couvrir l’ensemble des sujets ou problématiques relatives à l’internet des objets, mais à établir une base d’actions, ciblées et utiles, que les acteurs de la Nouvelle France Industrielle se proposent de conduire à court terme pour favoriser le développement de l’Internet des objets et faciliter sa diffusion vers le grand public et l’ensemble des filières industrielles.

Cette feuille de route est ainsi complémentaire de celle mise en place dans le cadre du réseau thématique French Tech #IoT en soutien aux start-ups de l’IoT comme des travaux conduits par les acteurs partenaires tels que l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) qui a récemment publié un livre blanc sur le sujet.

Comment cette feuille de route a-t-elle été établie ?

Elle a été élaborée à partir d’une consultation publique organisée par la Direction générale des entreprises du 4 au 28 avril 2016 qui a permis de recueillir plus de 100 réponses de fournisseurs et utilisateurs de solutions IoT, ainsi que d’accompagnants et d’acteurs de l’écosystème.

Un travail de mise en cohérence et en synergie a ensuite été réalisé, permettant la définition de quatre grands axes.

Axe 1 - Développer l’offre nationale en matière d’internet des objets

La France dispose d’une offre extrêmement diversifiée en matière d’Internet des objets, allant de la conception des objets eux-mêmes à la mise en place de systèmes d’échange entre objets ou encore de réseaux de communication adaptés aux spécificités des objets. Les mesures suivantes sont destinées à favoriser et à accélérer le développement de ces acteurs.

Objectif 1 : Mettre en place des expérimentations, dans le cadre de France Expérimentation, pour l’élaboration de preuves de concept et la sensibilisation du grand public

Zoom sur France expérimentation

Ouvert depuis l’été 2016, le guichet France Expérimentation permet aux acteurs de soumettre à l’État leurs projets expérimentaux dont la mise en oeuvre se heurterait à une mesure réglementaire afin d’obtenir une dérogation temporaire pour leur expérimentation.

 

Objectif 2 : S’assurer du développement d’infrastructures adaptées et sécurisées

Le développement de l’Internet des objets impose une évolution des réseaux de communications afi n de prendre en compte leur spécifi cité. À cette évolution des réseaux, initiée au travers de technologies telles que Sigfox ou LoRa, s’ajoutent d’autres évolutions liées à la défi nition des réseaux par le logiciel (SDN) et à la virtualisation.

Il est donc primordial d’étudier, en lien avec l’ARCEP, les évolutions en matière de réglementation qui seraient rendues nécessaires pour tenir compte de l’évolution des réseaux et des usages liés à l’Internet des objets. Par ailleurs, la mise en place, à l’échelle nationale, de plateformes de test exploitant les technologies à l’état de l’art est primordiale.

Enfin, il importe de renforcer la résilience des infrastructures réseau dans le contexte spécifique des objets connectés (protection contre le déni de service, résistance aux botnets, etc.).

Axe 2 - Assurer la diffusion des technologies vers les entreprises et le grand public

L’Internet des objets a le potentiel de révolutionner les usages du grand public et des entreprises. L’Alliance pour l’industrie du futur soutient le développement de l’IoT dans un cadre industriel, afin d’améliorer les processus industriels.

Objectif 3 : Lancer des Challenges numériques dédiés IoT

La mise en place de projets pilotes, véritables vitrines nationales pour l’Internet des objets, permettra de démontrer le potentiel de ces technologies et les gains de productivité ou d’efficacité qui y sont associés.

Dès lors que des besoins sont identifiés dans la sphère publique, il convient que l’État favorise la mise en oeuvre de projets exemplaires portés par l’Internet des objets. Les applications au profit des collectivités locales ou encore dans les sphères santé ou éducation sont des priorités.

Afin de soutenir cette démarche, des Challenges numériques IoT au sein de l’État, des collectivités et organismes publics, pourront être lancés, en lien avec les administrations concernées (DINSIC, etc.) et les collectivités.

Objectif 4 : Sensibiliser les entreprises aux opportunités de l’IoT

Si la notion d’IoT est désormais connue, ce qu’apporte l’IoT n’est pas toujours reconnu. Il s’avère nécessaire de communiquer sur des cas concrets d’utilisation et sur les bénéfices associés pour sensibiliser des utilisateurs potentiels, qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises industrielles ou de service.

Il s’agira notamment de mettre en place des kits de communication permettant de sensibiliser les entreprises. Ces kits mettront en avant des success stories. Le travail d’identification de ces réussites viendra des acteurs (fédérations professionnelles, pôles de compétitivité, réseau transition numérique, CNRFID, Cap’Tronic, etc.) qui remonteront celles dont ils ont connaissance, et sera mené en coordination avec l’Alliance pour l’industrie du futur.

Les éléments collectés pourront alors être mis en forme puis diffusés au travers des réseaux d’accompagnement existants qui le souhaitent (pôles de compétitivité, réseau transition numérique, Cap’Tronic, etc.).

Axe 3 - Créer un environnement de confiance

Les objets connectés sont, au même titre que tout outil électronique ou numérique, susceptibles d’être détournés de leur objectif initial, par exemple à des fins d’attaque ou de vol de données.

Il faut donc que les concepteurs d’objets connectés puissent être aiguillés dans leurs choix en matière de protection de données (notamment personnelles) et de sécurité. Par ailleurs, il est nécessaire de prévoir la disponibilité de briques sécurisées « clé en main » mises à la disposition de l’ensemble des acteurs.

Objectif 5 : Rassurer les utilisateurs particuliers et professionnels sur la protection et le stockage des données

Il s’agira de mener, en cohérence avec les travaux européens notamment en matière de certification de sécurité, des travaux sur l’opportunité de mettre en place ou de promouvoir un ou plusieurs référentiels/guides en matière de sécurité des objets connectés, de transmission des données qu’ils collectent, comme de protection des données personnelles ou d’entreprises qu’ils recueillent. Ces référentiels auront dans un premier temps une vocation pédagogique et pourront, dans un second temps, amener à la définition de labels. Ces travaux devront dès l’origine intégrer une dimension européenne et s’inscrire dans le nouveau cadre de protection des données personnelles européen. En effet, l’adoption de ce règlement engendre des évolutions auxquelles les entreprises devront s’adapter. Par exemple, la philosophie de ce règlement est d’alléger les procédures ex ante tout en responsabilisant davantage les entreprises dans leur processus de gestion des données, moyen d’une protection renforcée ; le règlement institue par ailleurs un droit à la portabilité des données.

Ces travaux pourraient également s’inspirer des bonnes pratiques développées dans d’autres enceintes (travaux du G29 sur les développements de l’IoT, livre blanc de l’ARCEP sur l’Internet des objets, travaux menés par certains secteurs comme le secteur de la santé etc.).

Une première concrétisation de ce travail sera la réalisation d’un manuel de mise en conformité au règlement général sur la protection des données personnelles qui serait soumis à la validation de la CNIL.

Une campagne de communication sur les enjeux du nouveau règlement européen de protection des données pour les concepteurs et utilisateurs de solutions IoT sera lancée dans un second temps.

Objectif 6 : Accompagner les entreprises dans l’utilisation, la sécurisation et la propriété des données

La sécurisation d’un objet et la protection des données qu’il traite sont des étapes-clés de la conception de cet objet. Pour autant, de nombreux concepteurs peuvent se retrouver démunis face à ces enjeux, faute de pouvoir analyser en profondeur la réglementation en vigueur et les meilleures pratiques en la matière, afi n de garantir une mise sur le marché rapide.

Aussi, un ou plusieurs centres de compétences à destination des entreprises (start-ups ou PME) utilisatrices et productrices de données recueillies à l’aide d’objets connectés pourraient utilement renseigner les entreprises et évaluer leurs projets. Ces centres pourraient également apporter un conseil et sensibiliser sur l’utilisation de l’Internet des objets au sein d’une entreprise.

Après analyse des aspects juridiques, un appel à manifestation d’intérêt pourrait permettre un soutien à la mise en place de tels centres de compétence – ou au positionnement de centres déjà existants.

Zoom sur les centres de compétence

La mission des centres de compétence, telle que définie par la Commission européenne, est d’apporter un soutien aux entreprises, en particulier les PME et ETI, sur un plan technologique (mise à disposition de moyens et de compétences partagés, conseil, formation,…). Chaque centre a vocation à être spécialisé sur une technologie précise (Big Data, Cybersécurité, IoT, etc.) et mis en réseau avec d’autres centres par l’intermédiaire de « pôles d’innovation numérique », structure non technologique étendant le périmètre du soutien apporté à l’entreprise sur des aspects financiers, marketing, et stratégiques. La Commission prévoit un budget de 500 M€ sur les 5 prochaines années consacré aux centres de compétences et pôles d’innovation numérique.

Objectif 7 : Soutenir le développement d’offres sécurisée de référence (composants, architectures, protocoles, Cloud, etc.) pour l’Internet des objets

Le développement de briques élémentaires (piles protocolaires, environnement d’exécution, etc.) sécurisées est un processus long qui nécessite des compétences de pointe et un haut degré de spécialisation.

Aussi apparaît-il opportun d’accompagner le développement d’une offre sécurisée de référence par les dispositifs de soutien à la R&D, jusque dans les phases amont de recherche (cryptographie légère, méthodes d’évaluation, etc.). Le programme des investissements d’avenir soutiendra ce développement.

Axe 4 - Développer l’écosystème national de l’internet des objets

Au-delà des technologies ou des développements propres à chaque entreprise, il est nécessaire de mettre en place en France un environnement stimulant permettant à l’ensemble des acteurs de se développer dans les meilleures conditions.

Objectif 8 : Favoriser la fabrication d’objets connectés en France, en moyennes ou grandes séries

Il s’agira, dans un premier temps, d’objectiver la question du coût de production en France pour déterminer les mesures qui pourraient être mises en place afin de valoriser, et au besoin améliorer, la compétitivité de la France dans ce domaine. Une comparaison entre la France et les autres pays en matière d’attractivité pour la localisation d’un site de production en moyenne ou grande série sera conduite et permettra d’en déduire les facteurs d’attractivité à mettre en avant, ou au contraire des freins sur lesquels travailler.

Un travail spécifique sera réalisé avec les porteurs de projets intéressés par une localisation de leur production en France, pour les aider à la réalisation de leurs projets en lien avec les acteurs intéressés, notamment la Cité des Objets connectés.

Objectif 9 : Disposer d’une plateforme dédiée IoT permettant d’informer et de mettre en relation rapidement et facilement les marchés et les fournisseurs de technologie IoT

Afin de faciliter la rencontre entre l’offre (technologique ou d’accompagnement) et la demande, une plateforme pourrait être mise en place. Cette plateforme permettrait de centraliser en un point unique l’information sur les technologies et l’offre disponible et de faciliter la rencontre entre l’offre et la demande, sur le modèle des places de marché.

Une analyse d’opportunité d’une telle plateforme sera menée à partir de l’évaluation fine des besoins et de l’existant.

Objectif 10 : Soutenir le développement des startups de l’IoT

L’Internet des objets couvre un ensemble très large de technologies et d’usages. Si la croissance très significative du capital risque en France bénéficie globalement aux acteurs de l’IoT, certains sous-secteurs plus spécifiques peuvent rencontrer des difficultés à finaliser leurs recherches de financement. C’est par exemple le cas de la sécurité numérique.

Certains dispositifs de soutien existent déjà, comme le fonds Ambition Amorçage Angels (fonds 3A) ou le fonds Ambition numérique. La communication sur ces dispositifs vis-à-vis des acteurs de l’IoT sera renforcée. Ces dispositifs pourraient être complétés, en fonction des besoins, par un soutien à la mise en place de fonds fléchés vers l’Internet des objets.

Objectif 11 : Développer les formations aux métiers de l’IoT, notamment au travers de la Grande École du numérique

La disponibilité de compétences adaptées est l’un des facteurs clés de succès du développement de l’Internet des objets. Une cartographie de l’offre de formation continue disponible sera réalisée avec les écoles ou organismes offrant ce type de formation, ainsi qu’avec les chaires universitaires travaillant sur le sujet. Certaines formations pourraient ainsi faire l’objet d’un label. Ce travail contribuera aussi à enrichir l’offre de la Grande École du numérique.

© Chesky_W / iStock

 

Dossier de presse

 

 

 

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