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Le littoral : première destination touristique du territoire

Totalisant 5 500 km de côtes en métropole, dont 1 948 km de plages sur 4 façades maritimes, 473 ports de plaisance, 5000 km de chemins de randonnée et 3 000 km d’itinéraires vélos, la façade littorale est la première destination touristique française.

Elle représente 139 millions de nuitées en 2017 (32 % de l’ensemble des nuitées) et 22,2 % des voyages. C’est en particulier la destination de vacances estivale privilégiée pour 62 % des clientèles européennes.

Bien qu’il ne représente que 4 % du territoire, le littoral français concentre en effet 36 % des résidences secondaires (5 millions de lits) et 40 % des lits touristiques, avec toutefois une forte variabilité de l’offre selon les façades. En haute saison, cette densité d’hébergements multiplie la population permanente de certaines communes de deux à six fois. Le tourisme littoral génère environ 250 0000 ETP, dont les deux tiers dans l’hôtellerie et la restauration et 2800 pour la plaisance. Conscients du poids du tourisme pour leur économie locale, de nombreuses communes du littoral consentent des investissements importants pour entretenir et valoriser leurs espaces côtiers (en moyenne 2,8 milliards d'euros par an entre 2016 et 2018). La dynamique d’investissement va dans le sens d’une adaptation de l’offre aux attentes des clientèles, mais reste inégale selon les territoires.

Déjà fortement encadré dans le souci de protéger les estivants et les milieux naturels (cf. ci-dessous), le tourisme littoral est aujourd’hui fortement impacté par le dérèglement climatique et les dégâts environnementaux : amplitude des marées, conséquences des fortes précipitations, pollutions diverses, réchauffement des eaux, effondrement de la biodiversité et érosion du trait de côte sont autant de phénomènes qui remettent en cause les activités et menacent les infrastructures. Un des défis pour les prochaines années est donc de préserver ces destinations et d’adapter l’offre et les infrastructures à ces bouleversements. Il s’agit de favoriser la diversification des activités vers les arrière-pays et au-delà des activités de bord de mer (tourisme culturel, de mémoire, tourisme de savoir-faire, itinérance) et de mettre en œuvre des actions de prévention des risques.

La plaisance en mer et le nautisme

Sur les côtes françaises, 9 millions de personnes pratiquent la plaisance de façon occasionnelle et 4 millions régulièrement.  On dénombrait en 2018 1, 033 million de bateaux de plaisance immatriculés en France, dont 75 % à moteur, naviguant principalement sur la méditerranée (24 %) et en Bretagne (24 %). Celle-ci se décline en de multiples activités qui enrichissent l’offre touristique côtière : location de bateaux, pêche en mer organisée, régates, stages, excursions, vieux gréements, activités qui attirent de plus en plus d’adeptes. Il manquerait cependant 50 000 anneaux d’amarrage dans les ports pour satisfaire la demande des plaisanciers.  A noter qu’en 2017, la Fédération Française des Ports de Plaisance, en collaboration avec le ministère en charge du tourisme, ont élaboré un référentiel « Qualité Plaisance »,  pour accroître l’attractivité des ports. Son obtention est une garantie de service et constitue une première étape pour celle du label d’Etat « Qualité tourisme ». Peuvent ainsi être distinguées les stations dont le port offre le meilleur accueil aux plaisanciers.

Les croisières maritimes

La France est présente sur 32 destinations de croisières maritimes, offrant 96 ports et sites d’escales dans le monde. Le secteur se porte bien : en 2017, on a dénombré 5,34 millions de passagers en escales ou en transit dans les destinations françaises (+3,8 %), dont 2,2 en Outre-mer. Le nombre de passagers en tête de ligne, stable ces dernières années, est en revanche en recul (788 000 passagers soit -11,7 %), recul qui s’explique en partie par le départ de « Croisière de France » du terminal de Calais. Les départs depuis les ports ultramarins ont quant à eux continué de croître (+ 3,5%, soit + 10 000 passagers).

La Méditerranée reste la première destination croisière française et Marseille l’escale la plus fréquentée de France, en transit (1,07 million de passagers) comme en tête de ligne (415 000 passagers). La destination Atlantique progresse régulièrement, portée par les ports du Havre, de Cherbourg et de La Rochelle. Il en est de même dans les Caraïbes, Fort-de-France (+ 46 %) et Pointe-à-Pitre (+ 19,5%) se positionnant respectivement à la troisième et seconde place des ports de départ après Marseille.

En croissance régulière depuis dix ans, le marché européen de la croisière a progressé de 2,5 % en 2017, avec comme leaders l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Irlande. Ainsi, malgré ses bons résultats et ses nombreuses façades maritimes, la France n’occupe que le 4ème rang de ce classement, tant pour les embarquements que pour les escales. Ses infrastructures portuaires sont en effet souvent en dessous des normes mondiales et inadaptées au « gigantisme » des bateaux de croisières ainsi qu’aux exigences des clientèles en matière de services et d’accueil. Par ailleurs, l’intermodalité entre ports et aéroports est insuffisante, notamment pour les têtes de ligne, ce qui détourne les grands croisiéristes des mouillages français, au profit de l’Italie ou de l’Espagne.

Point sur la réglementation

Les concessions de plage

La loi n° 86-2 du 3 janvier 1986 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral dite « loi Littoral » a instauré comme principe le fait que « l'usage libre et gratuit par le public constitue la destination fondamentale des plages, dans le souci de garantir le libre accès aux plages, l’attractivité des bords de mer et d’assurer la protection du patrimoine naturel et des paysages. » Sur ce fondement, le décret n° 2006-608 du 26 mai 2006 relatif aux concessions de plage a établi de nouvelles règles permettant à l'Etat d'accorder sur le domaine public maritime des concessions de plage.

La qualité des eaux de baignade

La propreté et la salubrité des plages ainsi que la qualité des eaux de baignade sont des préoccupations importantes pour les touristes et pour les pouvoirs publics.

La Directive européenne 2006/7/CE concernant la gestion de la qualité des eaux de baignade impose aux Etats membres de l’Union européenne de surveiller et de classer la qualité des eaux de baignade, de gérer la qualité de ces eaux et d’informer le public. Elle impose l’affichage à proximité des sites de baignade d’un certain nombre d’informations, comme les analyses du contrôle sanitaire et le profil des eaux de baignade. Parallèlement aux contrôles qui peuvent être exercés par les collectivités locales elles-mêmes, les agences régionales de santé exercent un contrôle périodique en application des dispositions du code de la santé publique, qui transcrit en droit français les dispositions de cette directive. Ainsi, durant la saison balnéaire 2020, 3 291 sites de baignade dont 2050 en bord de mer ont fait l’objet d’un contrôle sanitaire. 91,7 % ont été classés d'excellente ou de bonne qualité.

Pour aller encore plus loin, en 2009, à l’initiative de l'Association Nationale des Elus du Littoral (ANEL) et de l'Association Nationale des Maires des Stations Classées et des Communes Touristiques (ANMSCCT), structure désormais dénommée  " association  nationale des élus des territoires touristiques " (ANETT), et avec l’appui des ministères en charge de l’Ecologie (celui-ci étant copropriétaire du label) ), de la Santé, de l’Intérieur et du Tourisme, un processus de certification volontaire « Démarche qualité des Eaux de baignade » a été mis en place pour garantir aux baigneurs une eau de baignade de bonne qualité et anticiper d’éventuelles évolutions de la réglementation.

Références

Mis à jour le 15/12/2021

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