L’impact du numérique sur le changement climatique

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En partenariat avec le Conseil national du numérique, la DGE travaille à limiter l’impact du numérique sur le changement climatique.

Le numérique a longtemps été perçu par la société comme une aide indéniable pour combattre le changement climatique, du fait de son immatérialité et de la promesse d’optimisation des flux qu’il apporte.

Toutefois, au cours de la dernière décennie son coût écologique a progressivement été mis en lumière. De nombreux rapports analysent la contribution croissante du numérique au changement climatique et alertent sur la nécessité de mettre en œuvre des actions de maitrise de son impact. Ainsi de récentes études, réalisées entre autres par The Shift Project et l’ADEME, indiquent que le numérique représente 3,7% des émissions de CO2 mondiales, pourcentage en augmentation constante depuis 2007. Cet impact carbone est généré principalement par la production des équipements électroniques et dans une moindre mesure par leur consommation énergétique.

La production, souvent délocalisée, est un facteur majeur de l’impact carbone de la France et de l’Europe, notamment du fait de l’extraction minière des matières premières (métaux rares critiques), de la consommation énergétique des procédés industriels de production de l’électronique et de la forte mondialisation de ces filières. A titre d’exemple, l’empreinte carbone d’un équipement au bout de 2 ans est due à 90 % à sa production, et seulement à 10 % à sa consommation d’électricité à l’usage (voir rapport The Shift Project). La croissance des parcs d’équipements et la démultiplication des terminaux pose à terme des enjeux non seulement d’impact écologique, mais aussi de pérennité des services numériques et de souveraineté liée à l’approvisionnement en métaux rares.

Les principaux facteurs de consommation énergétique sont les équipements électroniques (50% de la consommation énergétique du numérique en France en 2018), les data centers (22%) et les réseaux (28%) qui répondent de manière transversale à l’intensification des usages finaux des citoyens et des entreprises (voir rapport du CGE. A noter que ces chiffres n’intègrent pas l’impact de la production qui est très majoritairement délocalisée. Les mesures d’optimisation des opérateurs réseaux et data centers ont permis une amélioration significative de l’efficacité énergétique mais tous les rapports s’accordent pour dire que cette amélioration ne suffit pas à compenser la croissance massive du volume de données créées et consommées par les nouveaux usages (streaming, réseaux sociaux) et les nouvelles technologies (IoT, IA, blockchain), ce qui explique la croissance annuelle de 9% de la consommation électrique du numérique. L’existence d’un effet rebond entre le progrès technique et l’utilisation du numérique est aujourd’hui avérée, comme le montre l’explosion de la vidéo à la demande par exemple.

En partenariat avec le Conseil national du numérique, la DGE travaille à limiter l’impact du numérique sur le changement climatique, et identifie 5 axes de travail à ce stade :

  • la mesure et le partage de données sur l’impact du numérique ;
  • l’impact des équipements et de leur fabrication, et la nécessité de monter en puissance sur l’éco-conception, le réemploi et le recyclage ;
  • la généralisation de mesures de sobriété numérique de la part des industriels (green computing notamment), la mise en place de mesures visant un Etat exemplaire et l’adoption de gestes et usages numériques écologiques de la part des citoyens ;
  • le financement de l’innovation, même au-delà du secteur numérique, pour produire des solutions de rupture au service de la transition écologique et de la maitrise de l’empreinte écologique des activités humaines ;
  • l’utilisation du potentiel de transformation et d’innovation du numérique en tant qu’outil pour lutter contre le changement climatique (optimisation des flux par exemple).

Mis à jour le 10/02/2020

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