Accueil du portailETUDES-ET-STATISTIQUESCatalogueProspective › Les comportements alimentaires de demain - Interview

Écouter la page
 

Les comportements alimentaires de demain - Interview

Actuellement chargée de mission Veille et alimentation au Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julia Gassie coordonne la veille du CEP, notamment la publication d’un bulletin mensuel de veille qui couvre les thématiques d’intérêt pour le ministère. Elle suit également les questions d’alimentation : les consommations, les comportements, les innovations, l’offre, etc.

Interrogée sur l'étude sur les comportements alimentaires de demain, Julia Gassie revient sur la genèse de cette étude parue récemment et ses principaux enseignements.

 

Pourquoi le Centre d’études et de prospective a mené cette étude ?

Réalisée par Blezat Consulting, le Crédoc et Deloitte Développement Durable, cette étude trouve son origine dans le contrat signé en 2013 entre les principaux partenaires de la filière alimentaire. Une des actions identifiées s’intitulait « étude prospective sur les consommateurs de demain » et avait pour objectif de mieux connaître et anticiper les transformations des comportements alimentaires pour aider les acteurs professionnels à adapter leurs visions stratégiques. Il existe certes beaucoup de communications, de publications, d’analyses sur l’alimentation, mais les plus petits acteurs de la filière alimentaire éprouvent des difficultés à identifier les tendances réellement pertinentes à prendre en compte et à anticiper leurs évolutions dans les prochaines années. Ces changements de modes de consommation impacteront pourtant leurs modèles économiques, leurs façons d’aborder les marchés et les innovations qu’ils pourront conduire.

Les trois objectifs de cette étude étaient les suivants :

  • Analyser et identifier les évolutions des comportements alimentaires à prendre en compte au niveau français ;
  • Mieux connaître les pratiques et les besoins des entreprises ;
  • Proposer une grille de lecture et de suivi des évolutions et réfléchir à des modalités de diffusion des résultats vers les entreprises.
 

Quels sont les principaux enseignements de cette étude ?

La méthodologie de l’étude est innovante. Elle part de la demande du consommateur pour remonter ensuite la filière jusqu’à la production agricole.

Les 16 tendances identifiées dans l’étude s’articulent autour des enjeux de santé, de bien-être, de nutrition, de diététique.

Le numérique est également une tendance importante car il apporte de nouveaux leviers d’action et d’information aux consommateurs : informations sur les produits, leur composition et sur les professionnels qui les produisent ou les distribuent, via notamment les blogs ou les réseaux sociaux. Le numérique permet également au consommateur de « se simplifier la vie » avec les courses en ligne par exemple. Ces outils permettent aussi aux consommateurs de s’engager dans le système alimentaire, au travers de l’économie collaborative ou de pétitions en ligne de plus en plus fréquentes par exemple.

L'insistance sur la valeur « durabilité » est également une tendance qui se dégage, avec « l’alimentation durable » ou la réduction du gaspillage alimentaire. L’alimentation durable peut prendre différentes formes : manger plus de produits bios, des produits qui respectent plus le bien-être animal, etc. C’est une préoccupation croissante du consommateur.

L’apport essentiel de cette étude est de faire le lien entre le consommateur et les entreprises, de décliner ces tendances en impacts pour les acteurs de la filière.

 

La part de l’alimentation dans les budgets des ménages a beaucoup baissé depuis plusieurs dizaines d’années. Est-ce une tendance de fond qui va se poursuivre ou au contraire s’inverser puisque les consommateurs font plus attention à leur santé, à leur bien-être et à la durabilité ?

Des projections ont été réalisées à horizon 2025, à partir de données de l’Insee notamment. Il est envisagé une stagnation des dépenses alimentaires, sauf pour la catégorie des plus de 65 ans, seule tranche d’âge pour laquelle les dépenses devraient progresser d’ici 2025. Les attentes sur la qualité de l’alimentation ne se traduisent pas forcément par une augmentation des dépenses alimentaires.

Les projections mettent en évidence des évolutions variables selon les produits. Par exemple, l’achat de boissons alcoolisées, de viande, de graisses et huiles ou encore d’épicerie sucrée devrait diminuer dans la part des dépenses des ménages. En revanche, l'achat d’autres produits devrait progresser : les céréales et le pain, les boissons non alcoolisées, le lait, le fromage et les œufs, les légumes. La part de la restauration hors foyer devrait également augmenter.

 

Cette étude a-t-elle permis de mener une réflexion sur la place de la France au niveau international ?

Cette étude s’est concentrée sur la situation française. Néanmoins, les tendances identifiées sont souvent communes à la majeure partie des pays les plus développés et se retrouvent dans les grandes métropoles mondiales. 

Le Centre d'études et de prospective du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a par ailleurs publié récemment le résultat d'un chantier prospectif : MOND'Alim 2030. Panorama de la mondialisation des systèmes alimentaires. L’objectif de cette étude consistait à analyser la manière dont la mondialisation influe sur les systèmes alimentaires et leurs différentes composantes : comportements alimentaires, commerce, échanges, R&D , risques, acteurs, gouvernance… C’est donc un chantier plus large dont l’objectif était d’identifier des tendances de la mondialisation à horizon 2030. Celles qui apparaissent dans le cadre de l'étude « Comportements alimentaires de demain » s'inscrivent bien dans les tendances des conduites alimentaires identifiées dans l'exercice MOND'Alim 2030.

 

L’étude a été publiée début mars 2017. Quelle suite envisagez-vous pour cette étude ?

Elle représente une première étape car il est maintenant nécessaire d’en diffuser les résultats, et d’en favoriser l’appropriation par les entreprises. Nous avons d’abord présenté les résultats lors du Salon de l’Agriculture 2017. Nous avons également reçu de nombreuses sollicitations pour exposer l’étude, notamment auprès de professionnels. L’ensemble des partenaires de l’étude, y compris le ministère, va donc participer à cette diffusion, en adaptant éventuellement les supports selon les publics visés : artisans, coopératives, etc.

Les documents mis à disposition des acteurs de la filière et du public doivent vivre. Il serait ainsi intéressant de consolider, dans le courant de l'année qui vient, des retours sur leur utilisation, afin de savoir s’ils sont vraiment adaptés ou s’il est nécessaire de les faire évoluer. Une étape de mise à jour des fiches, d’ici deux à trois ans, fait également partie des recommandations des prestataires de l'étude, ce pas de temps étant cohérent avec les évolutions de consommation observées et avec les utilisations possibles.

 

 

Exemple de fiche tendance - Comportements alimentaires de demain

 

 

L'étude

  • Date de parution : 1er mars 2017
  • Méthodologie : entretiens (40) et questionnaires en ligne ; analyse de tendances ; projections à 2025 (démographie, revenus, etc. ; consommation des ménages et consommation par catégories de produits alimentaires, avec deux taux de croissance annuel moyen - 1% et 2%) ; déclinaison des tendances en impacts pour les entreprises de la filière alimentaire
  • Commanditaires : ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, Ania, CGAD, CGI, Coop de France, FCD, FranceAgriMer
  • Prestataires : Blezat Consulting, Crédoc, Deloitte Développement Durable
 

Connaissez-vous La page Facebook de la DGE ?

Pour suivre toute l'actualité, cliquez sur le bouton « J'aime »