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Témoignage de Jean-Luc Bertoglio, Conseiller spécial du Président du SNDG

(syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales)

Quel est l'état actuel des connaissances sur les moyens de gestion des services aux collectivités et sur le secteur privé ?

Les moyens de gestion se sont considérablement diversifiés, notamment avec l'accroissement du nombre et la variété des « satellites », mais aussi, avec la diversification des contrats et partenariats (PPP notamment). En contrepoint, des agents de très haut niveau, connaissant les territoires et dotés du sens de l'intérêt général, ont été recrutés dans la fonction publique territoriale.

Les connaissances des services des collectivités territoriales, même pour des structures de taille assez modeste, sont souvent importantes d'autant que la relation à l'entreprise fait partie de leur stratégie. Le développement et l'emploi sont une « obsession » pour nous. C'est le cas pour la négociation de tout contrat ou l'attribution d'un marché public.

En effet, la dynamique « entrepreneuriale » appartient à notre culture territoriale. Les élus sont avant tout axés sur l'aménagement et le développement même si la vie sociale et quotidienne, le « vivre ensemble », est aussi une priorité.

Toutefois, le mode de fonctionnement des collectivités territoriales est trop souvent perturbé par un excès de normes, de contraintes, voire de « zèle » émanant du niveau national et dont les sources sont multiples. Les collectivités territoriales doivent pouvoir assumer, dans la transparence, leurs responsabilités, et, ne pas subir systématiquement des décisions imposant des coûts et des mutations permanentes. C’est pourquoi nous préférons la logique objectifs /moyens/ résultats !

La dualité Etat/collectivités territoriales, dans de nombreux domaines, apporte aussi son lot de difficultés. La satellisation, la complexité des gouvernances politiques et le manque de reconnaissance de la fonction de direction générale ne facilitent pas des choix transparents, précis, et, maitrisés. La pratique courante de la fonction « managériale » nous semble constituer la clef d'une bonne utilisation des connaissances au service de la performance et du dynamisme économique.

Quels sont les besoins en formation et en outils d'aide à la décision ?

Les besoins de formation pour les hauts cadres territoriaux portent avant tout sur le management, la gestion, le pilotage stratégique et les capacités entrepreneuriales. Nous avons des parcours « mouvants » et une capacité à assimiler rapidement l'information à caractère technique. Il est certain que la culture très administrative des services de l'Etat, tout autant que le peu d'engouement de certains élus pour la formation, ne facilite pas toujours l'initiative et l'innovation... Par exemple, créer une société, confier une délégation ou négocier un contrat dans le meilleur rapport qualité/prix, ne coule pas de source…

La dispersion ou une insuffisante organisation, voire, l'absence de compétences adéquates, peuvent nuire à la pleine efficacité de toutes collectivités territoriales, dans l'action interne et externe.

S'agissant des outils d'aide à la décision, ils sont à relativiser selon l'objectif et la taille de la collectivité. La pertinence provient avant tout de la capacité de l’Exécutif à s'entourer des compétences nécessaires. L'outil est toujours au service de l'intelligence humaine. La « libéralisation » des recrutements a semblé une voie prometteuse, contredite par les faits. Les excès constatés conduisent dorénavant à la prudence.

Une fonction de direction générale ne se décrète pas mais se construit au travers d'un parcours et d'un investissement sans faille au profit des territoires.

Quel rapport entretenez-vous avec les entreprises ?

Comment améliorer les relations de votre point de vue ?

L'un des piliers d'une gestion de direction générale est la connaissance des territoires. Il implique l'ouverture sur l'extérieur et l'effet d'entrainement. Le repli sur soi est à bannir. Les collectivités territoriales sont des entreprises de service public, mais aussi, des donneurs d'ordre et des bâtisseurs de l'avenir dans toutes ses composantes !

Par conséquent, les entreprises sont une priorité. Cependant, notre rôle principal est de les accompagner dans leur développement grâce à des moyens adaptés et d'être en permanence à leur écoute.

De nombreuses collectivités sont dotées d'outils « d'observation » ou tentent de se donner les moyens de leurs ambitions en faveur de la création « d'un environnement favorable pour les entreprises ». Elles sont en permanence à l'écoute des populations, donc des entreprises, les deux étant intimement liées... Nos rapports avec les chefs d'entreprises sont donc très positifs. Ces entreprises sont nos partenaires permanents. Nous établissons un équilibre constant « donnant-donnant ». La collectivité territoriale joue sur l'environnement et la fiscalité, l'entreprise apporte créativité et emploi. Cet équilibre exige une réelle connaissance du terrain et des entreprises car seul l'intérêt général doit être gagnant.

C'est pourquoi « l'écoute du terrain » est primordiale.

Propos recueillis par Elsa Demangeon, DGE

 

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