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Grand débat: la place des services dans l'économie

Au cours des 50 dernières années, le profil de l’économie française a changé. Les contributions au Produit intérieur brut et à l’emploi du secteur des services reflètent son inexorable montée en puissance dans l’économie que Jean Fourastié avait anticipé : le nombre des emplois dans les services marchands a triplé passant de 3 à 9 millions et leur part dans le Pib a plus que doublé (de 22% à 46%).

Le secteur des services s’est développé en France dans un climat d’indifférence. Forts d’une culture de l’ingénieur et des grandes réalisations qui l’accompagne, les regards ont longtemps été tournés vers l’industrie. La demande « infinie » de services et les nouveaux emplois qui l’accompagnent sont passés inaperçus.

Pierre Bellon, Président fondateur de Sodexo (400 000 salariés dans le monde), rappelait en 2012 dans la revue Sociétal publiée par l’Institut de l’Entreprise : « Jean Fourastié et Alfred Sauvy, grands économistes et visionnaires, l’ont expliqué il y a plus de 50 ans. Les travaux de Fourastié montrent que le progrès technique, l’innovation, l’amélioration de la productivité dans l’industrie vont entraîner une hausse de la qualité et une baisse des prix des biens industriels. C’est vrai de l’automobile, des réfrigérateurs et machines à laver, des ordinateurs, des téléphones portables, etc. Il y a aussi une limite à l’achat de biens industriels, un ménage par exemple n’a pas besoin de trois frigidaires. C’est pour cela que Jean Fourastié indiquait que la société évolue inévitablement vers une économie de type tertiaire, dominée par les services. Les besoins des consommateurs se sont transformés : moins de produits industriels, de plus en plus de services (soins corporels, sports, loisirs, tourisme, voyages, services à domicile, etc.). Tous ces besoins nouveaux engendrent de nouveaux emplois ».

Jean Fourastié distinguait trois stades de l’évolution de nos sociétés. D’abord celui d’une civilisation traditionnelle, frappée par la pauvreté et une forte inégalité dans la répartition des richesses. Puis la période transitoire qui suit se développe en trois phases. Dans la phase de démarrage, l’industrialisation absorbe des excédents de main d’œuvre en provenance de l’agriculture, et intensifie le travail. Dans la phase d’expansion, la productivité s’accroît rapidement du fait du machinisme et de l’organisation et le niveau de vie continue de s’accroître. Le taux élevé de croissance industrielle ne peut toutefois pas se maintenir. Dans la phase d’achèvement, la part de la main d’œuvre industrielle se stabilise, puis baisse. Au troisième stade de l’évolution de nos sociétés, les activités de services tendent à se développer, et absorbent le surplus de main d’œuvre industrielle. C’est une phase d’équilibre final, où le niveau de vie continue de progresser, et où la hausse de la productivité est variable selon les secteurs, plus faible en général dans les services. Cet accroissement tendanciel de la part des services fait que les valeurs tertiaires envahissent la vie économique.

 

 

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